‹ Les Monologues Lassalle [microforme]Chapitre 166 sur 230 · CHARLES GILL · texte numérisé non relu

CHARLES GILL

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Sur le p'emier degré du grand cap Trinité,

La mère de Jésus se dressait dans l'aurore... Cependant que ma voix troublait l'écho soncre, Le cri silencieux de mon cœur est monté

Plus haut que le sommet du grand cap Trinité.

-Îve ?° Je vous salue, Ô Vierge immaculée !

te! Je vous salue, Ô Mère du bon Dieu !

Reine qui triomphez dans le royaume bleu Dont vous portez au front la couronne étoilée.

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{re ! Je vous salue, ô Vierge immaculée !.…

Mais j'ai perdu le droit de coutempler le ciel,

Et je suis trop méchant pour prier, Vierge sainte ; J'hésite à vous parler; je imn'approche avec crainte De ce vertigineux et formidable autel,

Car j'ai perdu le droit de contempler le ciel.

Pourtant, des affigés vous êtes l'espérance,

Et vous tendez les bras au pécheur repentant : Son soupir étouffé, votre oreille l'entend Comme les chants joyeux de la tendre innocence,

Puisque des affigés vous êtes l'espérance

O Reine des Martyrs, Mère du Rédemnteur, Venez à mon secours au bord du préc ‘ce!

Votre âme est un Miroir de céleste Ju ice,

Et votre corps sans tache est l'Urne de l’Honneur,

OU Reine des Martyrs, Mère du Rédempteur !

Je veux guérir ma peine en chantant ma patrie. Faites qu'au rêve bleu de votre doux regard Descende sur mon œuvre un rayon du grand art ! Donnez plus de noblesse à ma lyre attendrie :

Je veux guérir ma peine en chantant ma patrie.

LES MONOLOGEES LASSALLE. 20

Laissez venir à moi le chœur des Séraphins.

Faites qu'aux harpes d'or il accorde ma lyre,

Pour que les beaux yeux purs toujours puissent me lie. Et qu'il berce mon rêve avec ses chants divins.

Laissez venir à moi le chœur des Séraphins.

Étoile du Matin, donnez-moi la lumière !

Pour chanter dignement les martyrs et les preux, Pour qu'en un style clair, sonore et généreux, J'évoque ces grands morts couchés dans leur poussière

Etoile du Matin, donnez-moi la lumière !

Devant votre Infini je vous aime à genoux.

L'amour qui monte à vous, monte jusqu’à Dieu même Vous aimer, c'est lui dire avec l'esprit : ‘‘ Je t'aime C'est l’adorer deux fois que l'adorer en vous !

Souffrez qu'un malheureux vous adore à genoux.

Oui, certes, je le sais, Dieu seul est adorable. Mais, puisqu'un sang divin en vous a palpité, Et qu'en vous se complaît la Sainte Trinité, Votre nom douloureux est plus que vénérable : Par le sang de Jésus vous êtes adorable !

Tant que sur les linceuls les mères pleureront, Et tant que la candeur souffrira pour le crime, Jamais croyant, épris d'un idéel sublime, Vers un culte plus beau ne lèver: son front,

Tant que sur les linceuls les mères pleureront !

Je viens vous implorer au saint nom du Calvaire, Osant, malgré ma honte et mon indignité, Comparer aux douleurs de la Divinité

Le juste châtiment-d’un pécheur sur la terre,

Je viens vous implorer au saint nom du Calvaire. Au gibet de la Vie on m'a crucifié!

J'ai ployé sous le faix et j'ai subi l'injure :

Une tourbe odieuse a raillé ma torture,

Quand, trahi, sans espoir, éperdu, j'ai crié.

Au gibet de la Vie on m'a crucifié !

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Refuge des Pécheurs, Rose mystérieuse,

Lumière qui montrez la rive aux naufragés,

Et la porte du ciel aux pauvres affigés,

Ne m'abandonnez pas dans la tourmente affreuse !

Refuge des Pécheurs, Rose mystérieuse !

Daignez vous rappeler l'enfant qui vous aimait ! Celui qui maintenant affronte les orages,

Vous cherchait du regard au milieu des nuages Que son illusion en anges transformait.

Daignez vous rappeler l'enfant qui vous aimait !

Il vous voyait sourire au fond de l’Empyrée.

Il vous priait tout bas, mains jointes et tremblant ; Et, quand il s’endormait dans son petit lit blanc, En pressant sur son cœur votre image sacrée,

Il vous voyait sourire au fond de l’Empyrée.

Front subiine, incliné sur l'aurore de Dieu, Ne vous détournez plus de ma longue agonie, Pour qu’au rayonnement de la grâce infinie Le repentir me vienne à l’heure de l’adieu,

Front sublime, incliné sur l'aurore de Dieu !

Ave !.… par un sanglot ma prière s'achève.

Mais l’âme à votre cœur parle mieux que la voix. Quand je m’endormirai pour la dernière fois,

Comme au temps du lit blanc, daignez bénir mon rêve !

Ave !… par un sanglot ma prière s'achève.

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