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LES VIEILLES

BLANCHE LAMONTAGNE

Les belles femmes sont les vieilles Dont l’âme a noblement aimé, Et dont l’amour s’est consumé Dans la sainte angoisse des veilles.

Leur regard, hanté de merveilles, D'un feu divin s’est allumé :

Les belles femmes sont les vieilles Dont l’âme a noblement aimé.

Leurs lèvres ne sont plus vermeilles, Mais, dans leur =œur tout parfumé, Dure un trésor ensoleillé

Comme un jardin mis en corbeilles :

Les belles femmes sont les vieilles !

LE MOINFEAU.

CHARDY.

Ce matin, la neige tombait, Couvrant les toits noirs de la ville D'un manteau tout blanc qui brillait.

Des moineaux, sur le toit, en file, Criaient à la faim, les pauvrets, Secouant leurs petites ailes.

‘Oh! les pauvres petits friquets, Pensai-je, ‘‘ils ont faim ; leurs corps frêles, Sous le vent âpre des autans,

Seront glacés par la froidure.

Ils vont mourir avant longtemps, S'ils ne trouvent pas de pâture.

Disant cela, j’allai quérir

De quoi calmer leur faim vorace, Et me hâtai de revenir,

Mais tous avaient quitté la place !

Comme j'allais m’en retourner, Assez triste de ma défaite,

Un cri plaintif vint résonner

À mon oreille! Sur le faîte

D'un petit pigeonnier de bois, Un moineau, trop faible pour suivre Ses compagnons, transi de froid, Semblait avoir cessé de vivre.

J'allai sur le balcon, sans bruit, Et m'emparai du petit être

Que je plaçai dans un doux nid De laine, et fermai la fenêtre.

Que d'émotions j'eus un moment :

Sa tête ballottait, inerte,

Et son œil, si clair, maintenant Était voilé. Je le crus, certes, Mort! Mais, entr'ouvrant le bec,

He

re ph

I1 fitentendre, douloureuse,

Une longue plainte. Alors, avec Grand soin je pris la malheureuse Bête et la dorlotai. Soudain, Réchauffé, il leva la tête,

Mangea dans le creux de ma main Un peu de graine. Et, satisfaite, Je le portai tout près du fer

Dans son nid de plume et …… aine, Où je l’arrangeai de mon mieux, Le réchauffant de mon haleine !

I1 s’endormit tout doucement,

Et repose encore sans doute, Surveillé par mon frère Armand Et par notre chienne Louloute.

Lorsque reviendront les beaux jours, J'ouvrirai ïande la fenêtre :

‘‘Pars,’’ lui dirai-je, ‘‘ pour toujours ; Va dans l’azur, cher petit être, Et, quand la mauvaise saison Reviendra sévir sur la terre, Reviens bien vite à la maison Retrouver ta petite mère !

Ainsi parlerai-je à l'oiseau.

Car Dieu, maître de toutes choses, Ne voudrait pas que ce moineau Trouvât chez nous fenêtres closes.

I1 lui donna la liberté,

Je lui donnerai sa pâture,

Faisant ainsi la charité

Selon la loi de ja nature.

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