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LA PATRIE

FRANÇOIS FABIÉ.

Vous qui n'avez encore eu que l'âme meurtrie,

Vous qui n'avez versé que des larmes encor,

Hâtez-vous d'apporter, non du sang, mais de l'or, Pour les blessés de la Patrie.

Naguère, parmi nous, robustes et vaillants,

Ils apprétaient la faux pour la gerbe mûrie :

Depuis, sous la mitraille, ils sont tombés sanglants, Gerbes aussi pour la Patrie.

La balle a traversé leur po'::ine ou leur bras,

L'obus a labouré leur chaï: .vec furie,

Is reviennent fourbus, exsangues, de là-bas, Fiers éclopés de la Patrie,

En attendant le jour où leurs mères pourront

Embrasser en pleurant leur face endolorie,

Faites-leur un accueil bien tendre, ils comprendront Que c'est l'accueil de la Patrie,

De l'or, amis! des soins, Ô femmes! penchez-vous

A leur chevet, et que chacune leur sourie.

Qu'après l'acier brutal vos doigts soient bons et doux Aux mutilés de la Patrie,

Refaisons-leur des bras, des jambes, de l'espoir,

Regonflons de sang frais leur artère appauvrie,

Rendons-leur ce qu'ils ort pro:tigué, par devoir, À la grandeur de la Patrie.

Demain, nous songerons à nos morts; leurs tombvaux

Sentiront les genoux de la France qui prie,

Et puis nous recoudrons nos glorieux drapeaux, Blessés aussi pour ia Patrie,

Aujourd'hui, ne songeon: qu'à rendre leur essor

À ceux dont l'aile fut par l'ouragan imeurtrie ,

S'il le fallait, demain ils se battraient encor, Guérissons-les pour ia Patrie !

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