UN BON MARI
ÉMILE BANEUX.
La nuit de noces terminée, Pendant que sa femme, en dormant, Faisait la grasse matinée,
Dupont se leva doucement.
Pour elle, plein de prévenance,
I1 prépara le chocolat,
Attendant avec patience
Que madame se réveillât.
Enfin, elle ouvre la paupière,
Et voit, sur la table de nuit,
Son déjeuner comm” chez sa mère ; Elle l’avale avec appétit.
‘* Repose-toi bien, ma p'tit’ femme, Dit son époux en l’embrassant.
Sans se faire prier, la dame Au lit reste complaisamment.
Et Dupont, lui, fait le ménage.
I1 gratte carotte et navet,
Aux chaussures met du cirage, Balaie et frotte le parquet.
I1 monte l’eau, fait la vaisselle, Travaille enfin comme un cheval, Pendant que, dans son lit, la belle Tranquillement lit son journal.
Elle n’eut qu’à se mettre à table Pot:r savourer un bon dîner, Trouvant cela très confortable, Et sans paraître s'étonner.
‘‘ J'en ai,’ dit-elle, ‘‘de la veine D'avoir un aussi bon mari.
J'vais être heureuse comane une reine, Viens que je t'embrasse, mon chéri.
— Hein? Je suis bien gentil, j’espère.’’ Dit Dupont, ‘‘eh bien, n’l’oublie pas, Tout c’qu'’aujourd’hui tu m'as vu faire, Dorénavant c’est toi qui l’fras.
3 PEER Feespionut ont MAS men ve: