LUCIEN BOYER
"Z avait, sous l'Premier Empire, De rudes lascars ; Ces lapins, ces durs-à-cuire, C'étaient les Grognards.
Ils avaient des âmes fières, Des cœurs résolus :
C'est tout l'portrait d'lcurs grand'pères, Nos Poilus !
Malgré leur surnom superbe, Beaucoup d'ces vaillants
Ont encor visage imberbe, Et n'ont pas vingt ans.
Pour vaincre l'affreux Guillaume, C’est un’ raison d’plus :
Ils n'ont pas d'poil dans la paume,
Nos Poilus !
D'autr:: ont la barbe grise, Et pieurent soudain, En lisant la lettre exquise D'un blond chérubin.
Is pens'nt : ‘‘ Que d'viendront mes mioctires, Si nous somm'’s vaincus ? *’ Et alors ils crèv'nt les Boches, Nos Poilus!
Après l'hor: ible mêlée, Encvr tout sanglants,
11 leur faut, dans la tranchée, S'enterrer vivants !
Ils surortent leur souffrance, Sans mots superflus,
Car ils veul'nt sauver la France,
Nos Poilus !
Vraiment, nous ne comptions guère Sur tant de héros, ; Quand nos gars, avant la guerre, Dansaient des tangos.
Ils ont eu courage et force Quand il a fallu :
Du Français, grattez l'écorce, Y a l’Poilu!
La guerre est longue et terrible ; Mais, chaque soldat, Le front haut, marche impassible, Sûr du résultat !
Les officiers qu’on leur offre, Ils peuv’nt compter d'ssus :
Qu'est-c' que c'est que Foch et Joffre ?
Des Poilus !
LES SONGEANTS.