‹ Les Monologues Lassalle [microforme]Chapitre 215 sur 230 · LUCIEN BOYER · texte numérisé non relu

LUCIEN BOYER

"Z avait, sous l'Premier Empire, De rudes lascars ; Ces lapins, ces durs-à-cuire, C'étaient les Grognards.

Ils avaient des âmes fières, Des cœurs résolus :

C'est tout l'portrait d'lcurs grand'pères, Nos Poilus !

Malgré leur surnom superbe, Beaucoup d'ces vaillants

Ont encor visage imberbe, Et n'ont pas vingt ans.

Pour vaincre l'affreux Guillaume, C’est un’ raison d’plus :

Ils n'ont pas d'poil dans la paume,

Nos Poilus !

D'autr:: ont la barbe grise, Et pieurent soudain, En lisant la lettre exquise D'un blond chérubin.

Is pens'nt : ‘‘ Que d'viendront mes mioctires, Si nous somm'’s vaincus ? *’ Et alors ils crèv'nt les Boches, Nos Poilus!

Après l'hor: ible mêlée, Encvr tout sanglants,

11 leur faut, dans la tranchée, S'enterrer vivants !

Ils surortent leur souffrance, Sans mots superflus,

Car ils veul'nt sauver la France,

Nos Poilus !

Vraiment, nous ne comptions guère Sur tant de héros, ; Quand nos gars, avant la guerre, Dansaient des tangos.

Ils ont eu courage et force Quand il a fallu :

Du Français, grattez l'écorce, Y a l’Poilu!

La guerre est longue et terrible ; Mais, chaque soldat, Le front haut, marche impassible, Sûr du résultat !

Les officiers qu’on leur offre, Ils peuv’nt compter d'ssus :

Qu'est-c' que c'est que Foch et Joffre ?

Des Poilus !

LES SONGEANTS.

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