LES DEUX CHEVAUX ET LE CHIEN
LOUIS RATISBONNKH.
Deux chevaux de labour, après un rude effort, Revenaient à la ferme. Allongé sur la pierre, Médor, en les voyant, entr'ouvre sa paupière, Frémit, lève la queue, aboie et se rendort.
‘‘ Est-il heureux ! ’’ semblait dire un cheval à l'autre. ‘* Pendre sa langue au frais et dormir dans la cour, D'un œil, dit-on, la nuit, mais des deux tout le jour, C'est le sort de ce chien; peiner, voilà le nôtre ! —- C'est vrai,” fit le second, penchant un front soumis : ‘On aurait pu rêver meilleure destinée ; Mais nous portons à deux le poids de la journée ; Nous souffrons côte à côte et nous sommes amis. Ton œil humide et doux par moment "“e regarde, Et mon flanc déchiré tressaille près du tien : Le joug en est moins dur. 11 dort, il mange bien ; Mais il n'a pas d'ami, ce pauvre chien de garde, L'isolement sur lui pèse comme un linceul.
Regarde-le bâiller, tant son bien-être est fade ; C'est l'ennui qui l'endort. Crois-moi, mon camarade, Souffrir à deux vaut mieux que d'être heureux tout seul.’
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tv L'ECOLE.