‹ Les Monologues Lassalle [microforme]Chapitre 29 sur 230 · DETTE · texte numérisé non relu

DETTE

Puis c'était des bijoux, des colliers, des merveilles !

Des ceintures de moire aux ondoyants reflets ;

Des tissus plus légers que des ailes d’abeilles ;

Des festons, des rubans, à remplir des corbeilles ; Des fleurs à parer un palais !

La fête commencée avec ses sœurs rieuses, Elle accourait, froissant l'éventail sous ses doigts : Puis s’assevait parmi les écharpes soyeuses, Et son cœur éclatait en fanfares joyeuses, Avec l'orchestre aux mille Voix.

Quels tristes lendemains laisse le bal folâtre !

Adieu parure et danse, et rires enfantins!

Aux chansons succédait la toux opiniâtre,

Au plaisir rose et frais, la fièvre au teint bleuâtre, Aux yeux brillants, les yeux éteints.

Elle est morte à quinze ans, be'le, heureuse, adorée! Morte au sortir d'un bal qui nous mit tous en deuil, Morte, hélas! et des bras d'une mère égarée, La mort aux froides mains la prit toute parée,

Pour l’endormir dans le cercueil,

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