LES CLOCHES DE LA BASILIQUE
EUDORE EVANTUREL..
J'écoutais dans la paix du soir, Sous la pâleur du ciel mystique, Les sons pieux que laissent choir Les cloches de la basilique.
Et j'évoquais au loin leur voix, A la fois grave et triomphale, Quand elles sonnaient autrefois Leurs angelus de cathédrale.
Au temps heureux trois fois béni Où, dès l'aube, souvent ma mère Me trouvait au pied du lit, Agenouillé sous la prière,
Combien leur appel familier Charmaït alors mon âme éprise, Lorsque j'allais, jeune écolier, M'asseoir à l’ombre de l’église,
Et que, captif de leur doux son, J'attendais que leur voix se taise, Pour suivre au loin, à l'horizon, L'écho de leur chanson française.
C'est qu’en ce temps déjà lointain, Cloches témoins de tant de choses, Vous me parliez, soir et matin, D'un long passé d’apothéoses
Et du regret que vous aviez
D'un temps de gloire et de conquêtes, De par le Roy, quand vous sonniez Vos carillons des jours de fêtes,
Et que gaîment sur le rocher,
Au printemps des jours d'espérance, Vous annonciez, du vieux clocher, Le retour des vaisseaux de France.
di.