‹ Les Monologues Lassalle [microforme]Chapitre 41 sur 230 · A. FAYET · texte numérisé non relu

A. FAYET

Comme un nid sous les fleurs, église du village A l'ombre des ormeaux cache son toit pieux ;

Et la croix du clocher, perçant l'épais feuillage, Domine l'horizon et monte vers les cieux.

A quelques pas de là, modeste et solitaire,

Près de l'enclos funèbre où dorment les aïeux, Entouré d'un jardin paraît le presbytère,

Dans les paisibles murs de cette humble maison Où règnent tour à tour la prière et l'étude,

Un homme a de sa vie enfermé l'horizon :

Le bruit des passions, les tourments de l'orgueil, Respectent le repos de cette solitude,

Et de l'asile saint n'osent franchir le seuil.

Mais la douce maison du pauvre est visitée :

Le voyageur parfois y vient frapper le soir :

À ce foyer béni, sûre d'être abritée,

L'indigence, en secret, timide, vient s'asseoir : L’orphelin seul au monde y vient pleurer son père : Toute âme délaissée y retrouve l'espoir,

Et la vie un instant lui paraît moins amère,

Que le mourant l'appelle, et la nuit et le jour, Le prêtre à son chevet est 1à qui le console,

Et réveille en son cœur l'espérance et l'amour. Il enseigne aux enfants le céleste symbole,

Et, sans chercher à plaire, à montrer son savoir, Le dimanche, expliquant la sainte parabole,

Au riche comme au pauvre il apprend son devoir. Dans l'ombre et je silence ainsi passe sa vie.

Au monde, à ses honneurs, il ne demande rien : Et pendant cinquante ans il se cache, il s'oublie : Sa seule ambition est de faire du bien.

I1 meurt, et, quand pour lui s'ouvre le saint asile. Parmi les morts obscurs dont il fut le gardien, Dans la paix du Seigneur il repose tranquille.

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BÉRURIA !

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