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LE BAIN DU MARSEILLAIS

OCTAVE PRADELS.

Un jour, un fameux médecin

Me dit : ‘‘ Vous êtes trop robuste,

Hercule eût été fier d’avoir un pareil buste ! Vous étouffez de force et cela n’est pas sain, Mais j'ai le remède, je pense :

Vous allez prendre, s’il vous plaît,

Chaque matin, un bain de lait...

C’est cher, mais la santé vaut bien cette dépense ! ’’ Je consentis facilement

Et commandai du lait superbe... une merveille ! Enfin de ce lait de Marseille,

Supérieur cent fois au Pauvre lait normand.

Dans le nectar blanc je me plonge

Et je m'étire et je m'’allonge.

(Je ne peux Pas rester en place, moi, je bous.) Je barbotte, je nage et je fais les cent coups, Transformant en vagues la crème.

Mais, à mon grand étonnement,

Peu à peu chaque mouvement

Se faisait moins rapide et difficile même,

Mes membres devenaient plus lourds.

Je m'acharnais, Pourtant, à remuer toujours, Quand, tout à coup, je reste en place,

J'étais emprisonné comme en un bloc de glace, Ou comme une alouette au milieu d’un pâté.

À force de nager ainsi pendant une heure, Avec tant d'énergie et de vélocité,

De mon lait j'avais fait du beurre !

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