BRIZEUX
Quand Louise mourut, à sa quinzième année, Fleur des bois par la pluie et le vent moissonnée, Un cortège nombreux ne suivit pas son deuil : Un seul prêtre, en priant, conduisit le cercueil ; Puis, venait un enfant, qui, d'espace en espace, Aux saintes oraisons répondait à voix basse ;
Car Louise était pauv:e, et jusqu’en son trépas Le riche a des ‘ic ineurs que le pauvre n'a pas, La simple croix âe buis, un vieux drap mortuaire, Furent les seuls apprêts deson lit funéraire :
Et quand le fossoyeu: soulevant son beau corps, Du village natal j'emporta chez les morts,
À peiie si la cloche avertit la contrée
Que sa plus douce vierge en était retirée.
Elle mourut ainsi. Par les taillis couverts,
Les vallons embaumés, les genêts, les blés verts, Le convoi descendit au lever de l’aurore ;
Avec toute sa pompe, avril venait d’éciore
Et couvrait en passant d’une neige de fleurs
Ce cercueil virginal et le baignaït de pleurs ; L'aubépine avait pris sa robe rose et blanche :
Un bourgeon étoilé tremblait à chaque branche : Ce n'étaient que parfums et concerts infinis, Tous ies oiseaux chantaient sur le bord de leurs nids.
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