‹ Les Monologues Lassalle [microforme]Chapitre 91 sur 230 · LE BON GÎTE · texte numérisé non relu

LE BON GÎTE

PAUL DÉROULÈDE

‘Bonne vieille, que fais-tu là?

Ï1 fait assez chaud sans cela :

Tu peux laisser tomber la flamme, Ménage ton bois, pauvre femme, Je suis séché, je n’ai plus froid.’ Mais elle, qui ne veut m'entendre, Jette un fagot, range la cendre :

‘Chauffe-toi, soldat, chauffe-toi ! ?

‘Bonne vieille, je n'ai pas faim, Garde ton jambon et ton vin e J'ai riangé la soupe à l'étape, Veux-tu bien m'ôter cette nappe, C'est trop bon et trop beau pour moi.’ Mais elle, qui ne veut rien faire, Taille mon Pain, remplit mon verre : :

‘"Refais-toi, soldat, refais-toi ! ’’ Dr

‘Bonne vieille, pour qui ces draps ?

Par ma foi, tu n'y penses pas!

Et ton étable? et cette paille Où l'on fait son lit à sa taille He

Ed :

Je dormirai 1à comme un roi.’ n° Mais elle, qui n'en veut démordre, e | Place les draps, met tout en ordre :

. ‘‘Couche-toi, soldat, couche-toi.'

Le jour vient, le départ aussi. k | ‘’Aïlons, adieu... Mais qu'est ceci ? RUE Mon sac est plus lourd que la veille... s À Î Ah! bonne hôtesse! Ah! chère vieille ! ; Pourquoi tant me gâter, pourquoi ? ' À

Et la pauvre vieille de dire, Moitié larme et moitié sourire :

‘J'ai mon gars soldat, comme toi ! ”’

Page 1