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CHAPITRE Y

sesquioxyde de chrome, ne disaient pas un mot de la nature de la terre, ce point ayant été oublié dans le programme du baccalauréat.

La question me paraissant cependant intéresser d’autres que les agriculteurs , et notamment les lecteurs de ce livre, commençons par elle. Rien n’est plus variable que la terre, et il est assez difficile de la définir d’une manière précise. On appelle ordinairement de ce nom isolé de terre la matière meuble qui forme la surface du sol, et dans laquelle les plantes envoient leurs racines. L’expression terre éveille à la fois deux idées : celle d’une facile division et d’une certaine fertilité, celle d’une matière à terrassement et d’une matière à végétation.

Pour dissiper cette confusion, remarquons qu’on prend la terre fertile par-dessus et la terre à remblai par-dessous; appelons la seconde sol minéral et la première sol végétal ou humus, la terre sera la superposition ou le mélange de ces deux couches.

Le sol minéral est constitué par un mélange de fragments de toutes les roches superficielles du pays, fendillées par des alternatives de chaleur et de froid , de sécheresse et d’humidité, de srelée et de dégel, décomposées par l’action chimique de l’eau des pluies et des sources, choquées, brisées, pulvérisées, transportées et triées par les eaux courantes, quelquefois par les animaux fouisseurs ou les instruments de l’homme.

Lorsque les fragments dépassent la grosseur d’une noix, on les appelle des cailloux, ou des galets, si le frottement a arrondi leurs angles et poli leur surface. S’ils ont un volume compris entre celui d’une noix et celui d’un grain de blé, on appelle leur mélange du gravier. S’ils sont plus fins encore, mais toujours visibles à l’œil nu, ils forment ce qu’on nomme du sable. Réduits en poudre

impalpable, ils ne resteraient plus, s’ils étaient secs, à la surface sans être emportés par le moindre vent ; mais l’eau des pluies peut alors les agglomérer et en former une boue, qui, comprimée et séchée, pourrait reprendre de la consistance et redevenir une roche à son tour.

Le sol est en général un mélange de toutes ces sortes, c’est-à-dire qu’il contient à la fois des cailloux, du gravier, du sable et de la boue. L’élément boue est nécessaire pour retenir l’eau dans ses pores, et l’élément gravier ou sable, pour laisser écouler l’excès de cette eau et introduire à sa place l’air dans le sol. L’air et l’eau sont à la fois nécessaires à la vie végétale, et ce mélange irrégulier de petits pores pleins d’eau et de gros pores pleins d’air est précisément le seul milieu convenable aux racines des plantes.

Toutefois ce sol minéral blanc, jaunâtre ou rougeâtre, prend une couleur de plus en plus foncée en s’approchant de la surface; c’est que les racines des végétaux morts et les produits de leurs excrétions, les débris des larves d’insectes et autres petits fouisseurs, plus haut, les débris des herbes, des feuilles, des animaux, en un mot, de tout ce qui a vécu à la surface de la terre, ont subi cette décomposition qu’on nomme fermentation, puis cette demi-combustion qu’on nomme putréfaction ; d’où résultent d’un côté des substances solubles, les matières fertilisantes des engrais , de l’autre des débris solides charbonneux imprégnés de ces matières , qui peuvent arriver à donner au sol végétal une couleur tout à fait noire ; la tourbe et le terreau , qui présentent cette couleur, sont presque entièrement constitués par ces débris charbonneux.

Le sol végétal est donc le mélange des matériaux meubles du sol minéral avec les débris organiques putré-

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