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CHAPITRE Y

l'occasion cle citer, en Amérique, les orgues cle Rio-de- .Janeiro (fig. 49). La nappe est souvent subdivisée par des plans horizontaux; si la matière est altérée sur les angles, il peut en résulter la curieuse configuration que présente la grotte « des Fromages » près Bertrich, dans l’Eifel.

Les laves présentent une composition chimique assez variée. La nature et la proportion des silicates qui les constituent varient souvent d'un volcan à un autre : celles d’Islande sont très- différentes de celles du Vésuve, qui ne sont pas pareilles à celles de Santorin, de Ténériffe, de file Hawaii.

Celles de Volvic, en Auvergne , se débitent à la sci-e en belles plaques, indestructibles à l’air et à l'eau, sur lesquelles se font les peintures en émail qui décorent les façades de nos monuments. D'autres coulées , même voisines, ne fourniraient qu’une pierre friable et sans durée. Ici des coulées modernes sont couvertes de végétation au bout de quelques années ; là des coulées plus anciennes que l’homme sont toujours stériles et impraticables; l’Auvergne nous offre une quantité de ces cheires (fig. 73). comme on les nomme dans le pays, que les siècles n’ont pu transformer en sol végétal, et qui semblent refroidies d’hier.

C’est le plus souvent à la surface des bosses trachytiques et des courants de lave que se sont formées, par le dégagement des gaz dissous , ces écumes pierreuses , les unes, nommées pierres ponces, à pores fins et allongés, les autres, appelées scories, à parois plus ou moins vitrifiées, à pores bulleux, à fragments tranchants. Mais la masse intérieure est toujours spongieuse elle-même comme du pain levé. Nous verrons, à l’occasion des érup-

Fig. 72. — Grotte de Fingal

lions volcaniques, comment apparaissent au jour ces dernières des roches ignées, les seules que l’homme ait pu voir naître.

Fig. 73. — Cheire ou coulée de lave, près de Pontgibaud, en Auvergne.

Nous devons toutefois remarquer, dès à présent, que la même cause qui a rendu poreuses, ponceuses ou scoriacées les roches volcaniques, qui a tourmenté, brisé, roulé, accidenté la surface des courants de lave, je veux dire la vapeur d’eau se dégageant avec violence des matières fondues, a projeté par les cheminées volcaniques d’énormes quantités de fragments de ces matières à l’état de boules ou bombes volcaniques, de ponces et de scories, et surtout de fine poussière d’un aspect analogue à la cendre de nos foyers.

Ces fragments ou lapilli retombés sur le sol , et ces cendres rabattues par les pluies diluviennes qui accompagnent toujours les éruptions, constituent, par leur accumulation, alternativement avec les courants de laves et les tuméfactions de trachyte, toute la masse des montagnes volcaniques et tout le sol des plaines environnantes.

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