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CHAPITRE V

une direction plane. C’est probablement en s’imprégnant de mica, sous une forte pression, par la filtration de vapeurs fluorées, que l’argile a acquis cette fissilité. La

Fig. 78. — Schistes ardoisiors, dominant le glacier du Rhône.

cause de cette action est démontrée postérieure au dépôt de l’argile et aux mouvements terrestres qui en ont produit le plissement, par ce fait que très-souvent la direction du feuilletage est indépendante du contournement des couches (tig. 79).

Les mines de belles ardoises, comme celles de l’Anjou et des Ardennes, sont rares; mais rien n’est plus commun

dans les montagnes que les schistes, à clivage plus ou moins régulier, plus ou moins facile, tantôt micacés et brillants , tantôt noirs et terreux , se délitant sur les escarpements en escaliers d’aiguilles fantastiques.

Fig. 79. — Schistosité de couches contournées.

Il y a des schistes argileux tellement friables, que la pluie les pénètre et les transforme en boue ; par contre , il y a des schistes très- durs parce qu’ils sont imprégnés de silice : par exemple, les pierres à rasoirs. On voit même au milieu des schistes des sortes de veines tellement dures, qu’elles font feu au briquet, et méritent le nom de quartzites, donné aussi à des filons de quartz fondu. Une imprégnation du même genre , mais par du talc ou du mica, fournit les schistes talqueux et les schistes micacés.

Au voisinage du granit, on trouve une roche schisteuse qui ne contient plus que du mica et du quartz ; on la nomme micaschiste. En s’approchant du granit, la roche se mélange de feldspath , et devient ce qu’on appelle du gneiss. Le gneiss ne diffère du granit que par une plus grande abondance de mica, et surtout parce que ce mica, ayant ses lamelles parallèles, rend la roche fissile. Il est d’ailleurs

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