CHAPITRE Y
nuances diverses, qui servent à produire le puissant acide des graveurs sur verre.
Quant aux minéraux métalliques que peuvent le plus souvent rencontrer sous leurs pas les promeneurs en montagne, nous citerons : 1° la pyrite de fer, en cubes ou en nodules durs et brillants comme de l’or, corps excessivement commun, qui n’est même pas un minerai de fer, et n’est utilisé que pour fabriquer du sulfate de fer et du soufre. 11 n’y a guère de géologue qui n’ait eu dans ses courses l’ennui d’être obligé de détromper à cet égard de pauvres gens qui croyaient avoir découvert une mine d’or, el se trouvaient avoir perdu leur temps et leur peine pour une pierre sans valeur. (J’engage les touristes novices à se méfier des pyrites dans leurs achats de minéraux aux marchands ambulants. )
2° La galène ou sulfure de plomb, gris et tendre comme la plombagine des crayons (c’est cette ressemblance qui a lait donner à celle-ci le nom de mine de plomb, quoiqu’elle ne contienne absolument que du charbon minéral très-pur), la galène fournit à peu près tout le plomb du commerce, et par suite la litharge, le minium ou vermillon commun, le blanc de céruse, etc. Comme elle est presque toujours mélangée de sulfure d’argent, ou, comme on dit, argentifère, elle fournit de plus une notable partie de l’argent du commerce. Un sait quelles rapides fortunes se firent, lors de la découverte de ce fait, par le remplacement ou la coupellation des vieux plombs de nos monuments et de nos maisons.
3° L’oxyde d’étain (acide stannique pour les chimistes), principal minerai de ce métal , qui se trouve dans des liions toujours distincts de ceux de la galène-, et plus anciens que ceux-ci, car ils sont coupés par eux.
4° La blende, sulfure de zinc (son nom veut dire écla-
tant), et les deux calamines, carbonate et silicate du même métal, minerais accaparés par la société de la Vieille-Montagne, qui a su faire du zinc, à peine connu il y a cent ans, le plus usuel des métaux après le fer.
5° Les brillants sulfures de cuivre et les pyrites cuivreuses, à l’aspect métallique, le cuivre gris argentifère, le carbonate bleu de cuivre ou azurite , et le carbonate vert de cuivre ou malachite, dont on fait en Russie de si beaux objets d’ornement. Ce sont les minerais actuels de cuivre. 11 y avait bien autrefois le cuivre natif, et le cuivre oxydulé, terre rouge produisant 80 °/0 de cuivre; mais les peuples de l’âge de bronze, et depuis eux les Romains, grands amateurs de ce métal facile à travailler, en ont fait une consommation telle qu’il n’en reste , pour ainsi dire, plus dans l’ancien monde.
Citons encore le sulfure d’antimoine (stibine), les arséniures de cobalt et de nickel (smaltine et mispickel), le fer chromé et le fer titané, l’oxyde de manganèse, cet important minerai, non pas d’un métal, mais de deux gaz précieux, le chlore et l’oxygène, et nous omettrons encore forcément vingt à trente substances exploitées pour fournir d’utiles produits chimiques et pharmaceutiques.
Nous ne parlerons pas des minerais des métaux rares et précieux, parce qu’on est peu exposé à les heurter du pied sur les chemins.
Dans les pays granitiques et volcaniques , on aura assez souvent occasion de rencontrer, enchâssés dans les roches, de petits échantillons de pierres de joaillerie d’ordre inférieur, comme des grenats , des tourmalines , des zircons , des émeraudes et des topazes communes , des variétés de quartz ou de feldspath agréablement colorées, améthystes, rubis de Bohème, diamants d’Alençon, aventurines, pierres