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CHAPITRE I

blaient les chalets d’été ensevelis sous la neige; en Suisse, plusieurs hôtels renommés sont situés dans cetlé zone. On y laisse quelquefois, en hiver, pour les garder ou pour secourir des voyageurs égarés, quelques hommes munis i h ' provisions, qui passent des mois entiers sans pouvoir communiquer avec les vallées. Le fameux couvent du grand Saint-Bernard (2.'i7 2m), qui est dans ces conditions, garde ses habitants toul< l’année; mais... ce sont des religieux !

Quant au voisinage des sommets des grandes montagnes, il n’est jamais habitable en aucune saison Dans ces solitudes immenses où le sol couvert de glace ne peut plus donner à la vie ni nourriture ni asile, l’homme peut faire une courte apparition, par un beau jour, sous un ciel clément (fig. 13): mais la nuit, mais par le mauvais temps, ni ses abris, ni ses prov isions, ni sa vie, ne résisteraient à la rigueur du froid et à la violence de la tempête.

Quand il s’agit des pet il < ■- montagnes, l’homme peut monter de la plaine au sommet et redescendre en quelques heures. S’il y a une roule tracée, c’cst une promenade que l’on peut faire entre deux repas.

Pour l’ascension et la descente d une moyenne montagne, il faut compter une journée entière et emporter des provisions. Si la hauteur à monter dépasse '1,600™, on ne montera et descendra en un jour qu’à la condition d’être un vrai montagnard. C’est pour cela qu’en Suisse, afin de permettre ce?- ascensions aux voyageurs , des hôtels ont été bâtis près des sommets: on y couche, profitant de l’occasion pour admirer le lever et le coucher du soleil, et on redescend le lendemain.

Quant à l’ascension des grandes montagnes, c’est une autre affaire. On ne peut l’entreprendre que lorsqu’on est un marcheur éprouvé, rompu à la fatigue, doué d’une

village de Murren, dans FOberland bernois (altitude, 1,030 mètre

PAYS DE PLAINES ET PAYS DE MONTAGNES

volonté énergique et d’une santé de fer. C’est alors toute une expédition qui dure plusieurs jours, pour laquelle il faut des guides, des porteurs de provisions, d’outils, de tentes, etc., et qui est le plus souvent très -périlleuse.

Fig. 13. — Ascension du Titlis.

Nous allons étudier successivement la situation sur le globe des principales montagnes; puis leur hauteur et leurs formes, puis leur naissance et leur histoire, puis leur vie actuelle (car c’est une vie véritable que cette circulation des eaux et ces convulsions des pays volcaniques) ; enfin les végétaux qui la vêtissent , les animaux qui y trouvent leur pâture, et les hommes qui en font leur patrie.

Est -ce à dire que nous allons nous engager dans l’affreux labyrinthe de ces sciences épineuses que la grécomanie moderne appelle la géographie, la topographie, la

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