CHAPITRE Vil
dont les traces se retrouvent dans les couches de notre globe n’a rien que île très-naturel; mais on ne peut la satisfaire que localement, et bien imparfaitement : on est arrêté par ce fait bien évident que les végétaux entièrement cellulaires, et les animaux entièrement mous, n’ont pas laissé de traces reconnaissables , sinon peut-être que le produit de leur putréfaction a pu noircir la roche quand ils étaient en nombre. Or l’analyse chimique trouverait des traces de charbon imprégnant les roches de couches bien inférieures à colles où l’on a trouvé la lingule du
Fig. 95. — Xereites Cumbriensis.
pays de Galles, le nereiles du Cumberland (fig. 95), le parcidûxide de Bohême (fig. 90), et peut-être même l’Eozoon du Canada.
La rivalité des géologmes désireux d illustrer leur nom a produit un peu de confusion dans les dénominations appliquées à ce premier des terrains fossilifères. L’Anglais Murchison publia le premier, dans un beau livre intitulé Silurici, ses recherches sur les terrains du pays de Galles , habité jadis par les anciens Silures. Le succès mérité de l’ouvrage consacra le nom de siluriens donné à ces terrains. En vain un concurrent prétendit avoir trouvé dans l’ancienne Cambrie, ou pays des Sicambres,
LA GEOLOGIE
des couches plus anciennes qu’il voulait taire nommer terrains cambriens. En vain un autre, pour faire le rôle de juge entre ces plaideurs, essaya-t-il de tirer parti des antiques couches du Cumberland pour remplacer le mot cambrien par le mot curnbrien.
Un géologue français,
M. Barrande, trouvant en Bohême un bassin plus complet que tous les autres, en a fait une étude bien autrement solide, achetant au besoin les terrains pour les faire fouiller, et moissonnant, c’est le cas de le dire, par wagons entiers les fossiles qui ont rempli les musées d’Europe, au point que ce terrain, le plus ancien et peut-être le plus difficile à étudier, se trouve aujourd’hui le mieux connu de
tOUS. Avec Une généiosite Fig. 96. — Paradoxides Bohemicus.
toute française, méprisant
le rôle de ces juges qui mangent l’huître en litige, il a justifié Murchison, réduit à leur juste valeur les compétitions rivales, et provisoirement laissé le nom de siluriens aux plus inférieurs des terrains primaires fossilifères , au moins en Europe.
Il est possible, en effet, qu’il soit constitué un premier terrain inférieur au silurien, pour placer un puissant système de couches étudiées au Canada , où l’on a trouvé , un peu'plus haut que cet Eozoon apocryphe dont nous parlions tout à l’heure, de vrais fossiles, notamment des tri-