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CHAPITRE VII

tant l’époque cosmique qiie nous dépeint l’hypothèse de Laplace, et sur laquelle ont roulé tant d’autres hypothèses, depuis qu’Ovide écrivait les vers que le plaidoyer de l’intimé a rendus célèbres :

Ante mare et terras, et quod tegit omnia, cœlum,

Unus erat toto naturæ vultus in orbe,

Quem dixere chaos, rudis indigestaque moles 1 .

N’ayant pas l’intention, comme l’intimé, d’endormir notre juge, qui est pour le moment notre lecteur, nous ne reviendrons pas sur ces temps dont le récit ne peut être qu’un roman plus ou moins vraisemblable. Nous avons indiqué dans le chapitre vi, après la splendide vision de Laplace, l’origine probable de ces énormes entassements de granits à grain fin, de gneiss, de micaschistes et de talcschistes , produits des mers trop chaudes pour servir d’asile à la vie, et désignés d’abord sous le nom de terrains primitifs, puis de terrains azoïques (privés d’animaux). Dans le chapitre v, nous avions parlé de la constitution des roches cristallines et schisteuses que renferment ces terrains, et des roches éruptives, granits, syénites, etc., qui se sont épanchées pendant la même période.

11 nous reste à indiquer rapidement les résultats regardés comme acquis dans l’étude des périodes fossilifères et des temps contemporains de l’homme.

Pour suivre l’histoire dans l’ordre des temps, commençons par les plus anciens des terrains fossilifères, c’est-àdire par les terrains primaires.

i « Avant que la mer et les terres, et même le ciel qui les recouvre toutes deux, existassent, toute la matière, dans l’univers entier, présentait un seul et même aspect : c’était ce qu’on appelle le chaos, une masse immense, mais sans variété et sans forme... »

LA GEOLOGIE

Les terrains primaires, c’est-à-dire les premiers déposés depuis l’apparition de la vie sur la terre, ou encore paléozoïques (7 rako'?, ancien, çcôov, animal), c’est-à-dire contenant les restes des plus anciens animaux, forment une série très-considérable, sur les divisions de laquelle les géologues sont loin d’être d’accord. Tout le monde est d’avis d’y placer le terrain qui contient la houille, et qui a pour nous, à ce titre, un intérêt de premier ordre. Les terrains situés au-dessous d’elle étaient réunis jadis sous la dénomination commune de terrains de transition.

Au-dessus de ces masses primitives de granit à grain fin, recouvertes des gneiss, micaschistes, etc., qui constituent l’énorme entassement des terrains azoïques ou sans fossiles , se trouvent des couches d’aspect assez semblable, c’est-à-dire toujours schisteuses et cristallines à la fois, imprégnées de quartz et de silicates ignés, coupées de filons pareils à ceux des terrains azoïques , mais présentant cette différence, qu’on y trouve des traces d’êtres vivants. Pour dire vrai, ces traces sont d’abord difficilement visibles, et la limite précise qui sépare ces terrains des précédents n’est pas indiquée sans contestation possible.

La découverte d’une empreinte attribuable à la vie dans une couche regardée jusque-là comme azoïque peut reculer la délimitation adoptée. Toutefois on est loin d’être d’accord , comme le prouve l’histoire de cette fameuse empreinte en barbe de plume, que des géologues du Canada affirmèrent être un annélide et dénommèrent Eozoon Canadense (de wn, aurore, et çwov, animal). A l’école des mines de Paris, on n’y vit qu’une disposition que prendrait fréquemment la serpentine dans des calcaires métamorphiques d’autres étages, et les élèves la rebaptisèrent plaisamment du nom d’Eozoon canardense.

La curiosité de connaître quel est le premier être vivant

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