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CHAPITRE VII

de largeur. A l’est de la vallée de la Saône, il forme seul, par de gigantesques plissements qui déchirent et mettent à nu ses diverses couches, la masse ondulée du Jura français et suisse. Les études récentes de la constitution compliquée des Alpes ont montré que les débris bousculés des couches de ce terrain forment une partie trèsconsidérable de ces montagnes. Les couches jurassiques de Normandie se continuent de l’autre côté de la Manche, entourant le bassin de Londres, qui ne faisait qu’un à cette époque avec celui de Paris. Le Boulonnais formait une île à la fin de celte époque. Ce n’est que bien plus tard que le soulèvement du pays de Bray, crevant la craie en forme d’une immense boutonnière , mit à nu la partie supérieure du terrain jurassique de Neufchâtel à Gournay. Le bassin de Paris n’a été bien séparé de celui de Londres qu’à l’époque tertiaire.

Le terrain crétacé , qui termine l’époque secondaire, se divise en deux étages bien distincts en France. L’étage inférieur qui a fourni en Angleterre, en face de nous, des couches d’eau douce (le sud du bassin de Londres étant devenu un vaste lac), est représenté dans l’est du bassin de Paris par des couches marneuses dites néocomiennes ( Neocomum , Neufchâtel), surmontées de sables ferrugineux très -perméables qui vont former la surface du sol vers la Champagne, aux environs d’Auxerre, de Bar-sur- Seine, et au pays de Bray, près de Beauvais. Au-dessus de ces sables est une argile imperméable , de couleur bleu foncé, connue sous son nom anglais de gault.

Le tout s’enfonce en cuvette au-dessous de Paris. Or, le sable perméable n’ayant son affleurement qu’à une altitude de plus de 150 m, et manquant du côté de Bouen, de

LA GEOLOGIE

sorte que le gault y touche l’argile jurassique , l’eau de pluie reste accumulée entre les deux couches imperméables, ne demandant qu’à jaillir à la surface, si un hardi coup de sonde allait la chercher à près de 600 m de profondeur au-dessous du sol de la capitale. C’est l’honneur de la géologie qu’un tel forage ait pu être tenté , et que le succès des fameux puits artésiens de Grenelle et de Passy soit venu couronner une si audacieuse tentative.

Les puits artésiens de Paris ont traversé 500 m de craie, formant tout le terrain crétacé supérieur. Cette forme marneuse et friable du calcaire est bien connue par les bâtons traditionnels usités pour écrire sur le classique tableau noir, et par les pains dits de blanc d’Espagne.

La mer qui a déposé la craie n’a pas changé de lit ni de nature pendant une durée énorme, qui a trois fois renouvelé les espèces animales enfouies dans les sédiments. La craie verte de Rouen, la craie grise de Dieppe, la craie blanche de Meudon représentent trois niveaux, trois faunes différentes, depuis celle de l’ammonite de Rouen jusqu’à celle des bélemnites en poignard de Meudon. Au-dessus, la craie de Maestricht, qui renferme le dernier grand reptile, le mosasaure (fîg. 109), et la dernière ammonite, ammonites ingens, termine la série des terrains secondaires.

Le terrain crétacé, teinté en vert sur notre carte, couvre près d’un dixième de la surface de la France. C’est la craie qui forme les falaises de la haute Normandie , si pittoresques à Etretat et à Fécarnp. De l’autre côté de Pai'is, elle forme les plaines stériles de la Champagne pouilleuse, dont on n’a pas trouvé de meilleur emploi que d’y installer le camp de Chàlons.

Dans le bassin de Bordeaux et tout autour du plateau central, dans les Alpes françaises et dans les Pyrénées, le

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