TERRAINS TERTIAIRES
La terre ne présente pas toujours le même aspect : là où nous foulons aujourd'hui un sol continental, la mer a séjourné et séjournera encore ; la région où elle est à présent fut jadis, et redeviendra plus tard encore un continent. Le temps modifie tout.
Aristote , Traité des météores.
Dans ces régions méditerranéennes, au-dessus des calcaires à rudistes se montre très-développé un terrain que caractérisent de singulières coquilles plates, formées par un long enroulement cloisonné, et nommées nummulites (fig. 110). Ce ne sont plus des mollusques, mais des animaux d’une classe aujourd’hui uniquement représentée par des espèces microscopiques, les for aminif ères. Leur coquille , toujours reconnaissable , même quand l’action métamorphique a transformé les calcaires en Fig. no. — Nummuiite. marbre, a permis de distinguer l’àge véritable d’énormes masses rocheuses, bousculées et soulevées dans les Pyrénées et les Alpes. En effet, ces nummulites, complètement absentes des terrains antérieurs, sont très-nombreuses dans les couches qui recouvrent la craie du bassin de Paris, couches bien différentes, par tous leurs fossiles, et par toute leur manière d’être, des couches secondaires, et qu’on s’accorde, depuis l’origine de la géologie, à désigner du nom de terrains tertiaires.
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Un trait suffit pour caractériser ces terrains, les plus récents de ceux qui se sont formés avant l’apparition des espèces animales aujourd’hui vivantes et surtout de l’espèce humaine ; c’est l’abondance des restes fossiles de. grands mammifères herbivores, dont les especes sont aujourd’hui éteintes. Nous citerons seulement ceux que la découverte de Cuvier a rendus populaires: d’abord le
palœotherium (fig. 111), qui se rapprochait de nos tapirs, et Vanoplotherium , intermédiaire entre les moutons et les porcs; puis deux genres d’énormes animaux à trompe comme les éléphants, quoique de forme bien differente; le mastodonte, qui avait quatre défenses, et le dinothérium (fig 112), qui n’avait de défenses qu’à la mâchoire inférieure ; enfin un animal de la famille du cheval, mais
LA GEOLOGIE
ayant trois doigts à chaque pied au lieu d’un seul, l’hipparion.
On remarque qu’en général toutes les espèces animales et végétales se rapprochent de plus en plus des formes actuelles. On sent que les circonstances de leur vie sont à peu près celles d’aujourd’hui ; les climats sont aussi accusés que les nôtres; on y distingue des types tropicaux et des
Fig. 112. — Dinothérium restauré.
types polaires. Les coquilles marines représentent encore des espèces différentes , mais non des genres différents de ceux d’aujourd’hui.
Les végétaux qui , dans les époques primaires , appartenaient aux .cryptogames et tout au plus aux gymnospermes, auxquels, dans les époques secondaires, s’étaient jointes quelques monocotylédones , surtout du groupe des pal-