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CHAPITRE VII

miers, s’enrichissent successivement, pendant l’époque tertiaire, des divers groupes de plantes à fleurs.

Les mers de cette époque occupaient, sur un certain nombre de nos plaines actuelles, des golfes peu profonds, qu’un léger soulèvement de leur entrée transformait de temps en temps en lagune, puis en lac d’eau douce, puis en plaine basse, qu’une oscillation en sens contraire transformait de nouveau en golfe ; de sorte qu’on y trouve aujourd’hui de nombreuses alternatives de couches minces dont les fossiles décèlent l’eau douce, l’eau saumâtre, el l’eau marine. Ces couches de nature très-variable fournissent d’abord à l’industrie, dans une faible étendue, des matériaux très-divers, et ensuite à l’agriculture, par le mélange qui s’en fait dans la terre arable, un sol très-fertile: deux raisons pour que les bassins tertiaires soient des pays riches cl peuplés. Nous trouvons, en effet, au centre de chacun de ces bassins les plus grandes villes de l’Europe : Paris, Londres, Vienne, Bordeaux, Bruxelles, etc.

11 faudra encore bien des études et des découvertes pour trouver à ce terrain les limites qui doivent le séparer des terrains réellement contemporains de l’homme et des espèces actuellement vivantes. L’époque tertiaire est la préparation de l’époque actuelle. Les espèces qui peuplent aujourd’hui notre globe ont apparu successivement durant les temps tertiaires, qui doivent se terminer au moment de la création de l’homme. Mais ce point de vue est tout à fait nouveau dans la science, et jusqu’à ce que l’histoire géologique de l'homme primitif ait été établie solidement dans ses points principaux , on peut garder provisoirement la division établie par le géologue anglais Lyell, en: 1° terrain éocèrn («»ç, aurore; xawo’ç, nouveau), c’est-à-dire où commencent à apparaître quelques espèces actuelles; 2° terrain miocène moins; nouveau),

LA GEOLOGIE

c’est-à-dire où les espèces actuelles forment une fraction notable, mais encore faillie; 3° terrain pliocène (nkehv, plus ; xaivôç, nouveau), c’est-à-dire où les espèces actuelles deviennent de plus en plus la majorité. Il s’agit ici seulement des mollusques à coquilles, dont un nombre immense se trouve dans ces terrains.

Le terrain éocène est développé très-complètement dans le bassin de Paris, surtout dans sa moitié septentrionale. On le désigne souvent du nom de terrain parisien. Un étage sableux, avec argiles et lignites interposés, développé surtout vers Gompiègne et Soissons , forme sa partie inférieure : au-dessus de lui est l’étage du calcaire grossier parisien qui a servi à bâtir Paris, et dont le niveau est indiqué par les catacombes ou anciennes carrières creusées au-dessous de son sol; puis vient, après un second système sableux, l’étage des marnes gypsifères qui fournissent la célèbre pierre à plâtre des environs de Paris. Les plaines de la Brie s’arrêtent à ce niveau.

Le terrain miocène est représenté dans le bassin de Paris par la masse sableuse, à fossiles marins, si développée au sommet des hautes plaines qui entourent Paris, et où sont creusés les vallons pittoresques d’Orsay, de Fontainebleau, d’Étampes, etc., masse surmontée, autour de Paris, d’une couche d’argile avec meulières siliceuses qui devient calcaire à partir de Versailles, et forme jusqu’à la Loire la grande plaine de la Beauce. Cette couche calcaire, qui ne contient que des fossiles d’eau douce, s’étend au delà de la Loire jusqu’au pied du plateau central, et constitue le sol plat des deux larges vallées où coulent la Loire et l’Ailier en sortant de ce plateau.

Après la disparition du grand lac dont le fond est devenu le sommet actuel des collines qui entourent Paris, la mer est encore revenue une dernière fois, mais seulement au

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