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CHAPITRE VII

des musées entiers, et la coïncidence de ses résultats avec ceux obtenus par INI . Lartet, qui a exploré les cavernes à ossements dans toute l’Europe occidentale, pour que les géologues français, à la suite des géologues anglais et allemands, se rendissent à l’évidence.

Aujourd’hui c’est un engouement en sens inverse. On trouve des silex taillés et des os fendus partout, comme, à la suite de la découverte des anciens glaciers des Vosges , on avait voulu voir des traces de glaciers partout, jusque dans le Sahara. C’est à cause de ces revirements exagérés d’opinion que la vérité est si difficile à démêler, et les bases d’un enseignement si tardives à s’établir.

Pour la subdivision en âges successifs de cette période quaternaire, les géologues donnent naturellement comme caractères les diverses espèces d’animaux successivement disparues de la contrée à cause du changement de climat ; ainsi M. Lartet dit: l’âge du grand ours, l’âge du mammouth , l’âge du renne, l’âge de l’aurochs. Mais les archéologues, qui sont les plus nombreux, veulent fonder simplement leur chronologie sur le degré de perfectionnement de l’industrie naissante des premiers hommes, en supposant qu’ils ont mis de longues séries de siècles à passer des instruments de pierre brute à ceux de pierre polie , puis de ceux-ci à ceux de bronze et de fer.

Or il est évident que ce système, à la rigueur acceplable pour indiquer l’ordre chronologique dans un même pays, devient insoutenable quand on veut, de quelques ustensiles ou armes plus ou moins industrieusement façonnés, trouvés en des contrées éloignées, conclure que leurs possesseurs étaient contemporains ou ne l’étaient pas.

On trouverait aujourd’hui même, dans divers pays, des peuplades qui n’en sont qu’à l’âge de la pierre taillée , et qui peuvent avoir, à quelques myriamètres de chez eux,

LA GEOLOGIE

dans les colonies européennes, des chemins de fer et des télégraphes, des photographies et des pianos.

Le seid élément scientifique nouvellement apporté dans la question est l’essai d’explication astronomique des phénomènes glaciaires par le déplacement lent et régulier des équinoxes relativement au grand axe de l’orbite terrestre, déplacement dont la période est de 21 000 ans. En ce moment, c’est pendant notre hiver que la terre est le plus près du soleil, et court le plus vite sous son orbite : le pôle nord a donc moins de glace que le pôle sud , puisque son hiver est moins long et moins froid. En effet, dans l’hémisphère austral , la mer gèle à la latitude de la Suède, et porte des glaces à la latitude de l’Italie; mais c’était le contraire il y a 11 000 ans, comme ce sera encore le contraire dans 10 000 ans. Une période de froid, expliquant les phénomènes glaciaires, a donc dû se terminer, pour notre hémisphère, il y a cinq ou six mille ans; celle qui l’a précédée 21 000 ans auparavant aurait pu ne pas laisser ce genre de traces, si elle avait eu lieu avant l’époque où les zones torrides, tempérées et glaciales, se sont bien accusées sur le globe, c’est-à-dire avant l’époque tertiaire. Nous avons fait remarquer que, pendant les époques secondaires, les zones polaires avaient un climat tempéré, les nôtres à peu près le climat des zones tropicales actuelles.

Nous tirerons, pour terminer, une conclusion importante de cette apparition graduelle des zones inégalement chaudes. Cette inégalité de -chaleur vient de l’inégalité d’inclinaison des rayons du soleil : le soleil exerçait donc son action, que contre-balançait de moins en moins la chaleur centrale. Donc, dans les temps primaires, la chaleur centrale devait seule agir, puisqu’il n’y a aucune différence entre les fossiles de ces terrains, vers les pôles ou vers l’équateur. Les rayons du soleil, arrêtés probable-

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