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CHAPITRE IX

ment vient de mettre au jour des ruines antiques, serait apparue ou aurait été séparée du Santorin en 236 avant J. -G. ITiera, ou Palaia-Kameni (la vieille brûlée), sortie de la mer en 186 avant J.- C., s’est accrue par de nouvelles éruptions en l’an 19 de notre ère, puis en 726, puis en 1427. A côté d’elle surgit, en 1572, Micra-Kameni (la petite brûlée); puis, en 1650, une grande éruption se produisit au milieu de la baie , sans former de terre nouvelle ; de 1707 à 1712, une série d’éruptions firent sortir de la mer un grand nombre d’îlots et d’écueils, qui finirent par former une seule île entre les deux précédentes, nommée Nea-Kameni (la nouvelle brûlée).

Après plus d’un siècle de repos, le soulèvement lent du fond de la mer, et de continuelles émanations volcaniques, pendant tout le commencement de ce siècle, avaient fait prévoir une nouvelle période d’activité volcanique. Depuis le commencement de 1866, en effet, les savants européens ont pu faire à Santorin les observations les plus curieuses et les plus complètes sur une éruption sous-marine.

Deux nouvelles îles de lave brûlante sont successivement sorties de la mer, au sud de Nea-Kameni, par une lente accumulation du produit sans cesse solidifié de coulées invisibles. Au bout de deux mois pour l’une, de dix mois pour l’autre, les deux masses accrues et réunies à l’île de Nea-Kameni se crevaient à leur sommet, et produisaient les phénomènes éruptifs des volcans terrestres. Toutefois les laves, sorties presque visqueuses, formaient des amas épais plutôt que des courants. Aujourd’hui tout le sud de Nea-Kameni, qui a doublé de dimension, est formé de l’accumulation d’une quantité de coulées produites entre les premières, et atteignant plusieurs centaines de mètres d’épaisseur.

Les laves, rejetées lentement par les éruptions sous-

LES VOLCANS

marines, sont toujours plus compactes que celles des éruptions terrestres, puisqu’elles ont à supporter la pression de l’eau qui les recouvre. Elles doivent s’étaler lentement en bancs épais, et l’on reconnaît assez bien, dans les volcans éteints, la structure et la disposition qui dénotent ce genre d’origine. Les saillies qu’elles forment résistent bien au choc des vagues, et les îles nouvelles qu’elles constituent sont persistantes.

Il en est tout autrement quand l’éruption a le caractère violent habituel aux volcans terrestres, et qu’elle produit des torrents de vapeurs, de cendres et de scories. La saillie formée peut avoir un accroissement plus rapide; mais l’action érosive des Ilots arrive bientôt à la faire disparaître. Les exemples sont assez nombreux d’îles formées par une éruption, et disparues par une tempête.

Le plus connu est celui de l’île apparue en juillet 1831 dans la Méditerranée, à douze lieues de la côte sud de la Sicile, du côté de la Tunisie. Des navigateurs et des savants de divers pays vinrent en toute hâte contempler l’éruption et visiter l’ile encore brûlante, qui ne reçut pas moins de sept noms à la fois : Julia, Nerita, Ferdinandea, Graham, etc.; on commençait à s’en disputer diplomatiquement la possession, quand la mer l’engloutit, après moins d’un an d’existence.

Notre époque a vu aussi naître des volcans terrestres en des points où il n’y avait pas auparavant trace de montagne. Le plus intéressant pour nous, le plus voisin, et celui sur l’éruption duquel nous avons plus de documents, est le Monte-Nuovo (carte, p. 403), qui se forma, du 29 septembre au 20 octobre 1538, au fond de la baie de Pouzzoles, dans le golfe de Naples, entre le rivage et le

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