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CHAPITRE IX

lac Averne. En moins de trois jours, que dura le paroxysme de l’éruption, les cendres et les pierres rejetées produisirent une montagne conique de plus de 200 m de hauteur. Elle n’a jamais fait éruption depuis. Aujourd’hui, après plus de trois siècles d’érosions, le volcan a encore 134 m de hauteur, et son cratère une profondeur à peu près égale.

Le Cosmos de Humboldt a rendu célèbre le Jorullo, volcan de plus de 500 m de haut, formé en une seule éruption, dans une plaine au Mexique, en 1759. Onze ans après, à cent lieues vers l’est, dans un des petits ELals de l’Amérique centrale, San-Salvador, une série d’éruptions produisit, dans la plaine de Sansonate , le volcan VIscclco, qui, n’avant jamais cessé d’èlre en activité depuis lors, s’accroît tous les jours, et a aujourd’hui presque la hauteur du Vésuve.

L’isalco nous amène à dire un mot des volcans permanents. 11 y a, en effet, un certain nombre de volcans qui sont toujours en éruption, et l’un d’eux n’est pas loin de la France, c’est celui de Stromboli, la plus septentrionale des îles Eoliennes ou Lipari, à douze lieues au nord du détroit de Messine. Depuis les temps historiques les plus reculés, la montagne conique du Stromboli sert de phare aux navigateurs , et son panache de fumée s’éclaire toutes les nuits par le feu d’artifice périodique que produit la projection de ses laves. L’ascension jusqu’au cratère est souvent faite par les touristes dans les beaux temps; on peut voir la lave, toujours ardente, osciller continuellement au fond de l’abîme; elle monte lentement, se gonfle et crève avec un bruit de tonnerre, en lançant, à une grande hauteur, sous forme de globes éblouissants, les débris de la couche superficielle, pulvérisée par le jet de vapeur.

LES VOLCANS

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Le plus curieux et le plus gigantesque cratère du monde entier, où la lave soit toujours en ignition, se trouve dans l’Océanie septentrionale, à llavaii. On l’appelle Kilauwa : il est situé au premier quart de la hauteur d’un des plus grands volcans du monde, le Maunaloa, qui porte d’ailleurs à 4800 m un cratère terminal de dimensions colossales. Mais ce cratère latéral du Kilauwa est unique au monde. C’est un lac de lave en feu, de cinq kilomètres et demi de diamètre, c’est-à-dire plus grand que les lacs suisses de Sarnen , d’Alpnach , de Sempach ; plus grand que Paris, limité à ses gares de chemins de fer de la Bastille à Saint-Lazare, de Montparnasse à la gare de Strasbourg.

Ce lac est entouré de parois à pic, hautes de 400 m lorsque le niveau de la lave est au plus bas : c’est la hauteur des gradins du cirque de Gavarnie; mais ce dernier n’a que 1200 111 de diamètre, de sorte que le cratère du Kilauwa est à peu près vingt fois grand comme le cirque de Gavarnie. La lave s’y élève peu à peu , et lorsque l’immense cuve est pleine, elle contient six milliards de mètres cubes de lave. L’énorme pression produite sur son fond remplit les fissures de la base de la montagne, et il s’en trouve bientôt quelqu’une qui, par une crevasse subitement ouverte au-dessous du niveau du fond du cratère, donne issue aux laves liquides, et vide plus ou moins le réservoir. Le fait s’était produit en 1840; il s’est reproduit tout récemment. En 1840, le torrent de lave avait 25 kilom. de largeur et 00 kilom. de longueur jusqu’à la mer, où il s’engloutit. Le gouffre vidé avait, à son centre, 450 m de profondeur !...

Parmi les phénomènes secondaires que présentent les pays volcaniques , il faut citer les solfatares et les geysers.

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