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CHAPITRE X

infernal, pendant que les étoiles et la lune brillent tranquillement au ciel.

Un des produits les plus redoutés des nuages orageux est la grêle. On peut s’expliquer sa formation en remarquant que les attractions énergiques qui occasionnent d’aussi violentes décharges ont amené, des hauteurs de l’air, au milieu des cumulus, des cirrus excessivement froids, agités de mouvements tumultueux, qui deviennent souvent des tourbillons rapides, comme partout où des courants opposés sont exposés à se rencontrer. Les petites pelotes neigeuses, formées à des températures extrêmement basses par des cirrus si froids, sont lancées horizontalement par la force centrifuge que produit ce tourbillonnement. et parcourent de grands espaces, le long desquels elles solidifient toutes les gouttelettes d’eau qu’elles rencontrent et toute la vapeur d’eau qu’elles condensent. Les grêlons ainsi formés arrivent à terre, suivant des lignes obliques rayonnantes, avec une vitesse qui leur permet de hacher la végétation, et souvent avec une abondance qui leur permet de la recouvrir.

Un résultat plus grandiose et bien plus destructeur, mais heureusement très-rare, de ces tourbillonnements de nuages orageux, c’est la trombe. Cet effrayant phénomène, dont l’origine est évidemment celle des orages, n’a presque jamais été vu, pai des savants ou des artistes, d’assez près pour que nous en ayons des descriptions bien précises. Nous pensons qu’on nous saura gré de reproduire fidèlement, dans la fig. 135, une peinture originale faite d’après des croquis dessinés, séance tenante, par M. Raymond Balze, témoin d’un orage à trombe, en 1842, dans le golfe de Naples.

La trombe est un nuage orageux de forme conique, tournant avec rapidité sur son axe, de manière à produire

Fig. 135. — Trombe dans le golfe de Naples.

une sorte de vide à l’intérieur. Quand sa pointe vient à rencontrer l’eau ou le sol , les corps isolés sur la surface , l’embrun des vagues, les objets flottants, sont, les uns enlevés et comme aspirés dans une sorte de tuyau semitransparent qui forme l’intérieur du cône, les autres lancés en cercle comme par un rapide mouvement de fronde.

L’intérieur de ce tuyau de la trombe paraît lumineux, et donne à la masse entière une couleur brun jaunâtre ; des éclairs, et de temps en temps des globes de feu, dit-on, en jaillissent avec la grêle, l’eau et les débris de toute sorte. Sur la terre, elle arrache les arbres, les toitures, et en fait voler les débris au loin , par la force centrifuge d’une rotation irrésistible. On a remarqué que les feuilles atteintes par elle sont desséchées et comme roussies; on a vu des mares vidées, leur eau étant emportée par aspiration avec ses habitants, aller retomber au loin, en expliquant ces pluies étonnantes d’êtres vivants, dont parlent avec effroi quelques chroniques.

Après avoir produit plus ou moins de ravages, le mouvement de rotation se ralentit, la pointe du cône se relève en l’air, et sa forme s’efface au milieu de la pluie et des mouvements des nuages. 11 paraît prouvé que le brusque mouvement d’une colonne cylindrique d’air, produit par un coup de canon, peut rompre la continuité du cône et accélérer la dislocation de la trombe.

Les tourbillons orageux des montagnes étant toujours opérés dans des régions atmosphériques plus froides que ceux des plaines, l’élément qui devra y dominer le plus souvent est la neige. Aussi la forme la plus fréquente et la plus redoutée des bourrasques éprouvées dans les hautes vallées est ce qu’on nomme la tourmente de neige ou arein, qui est, en montagne, le pendant des trombes de sable du désert.

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