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CHAPITRE XI

appartenait pas quand il est devenu célèbre. Les deux autres, celui de la Savoie méridionale et celui du Dauphiné ne sont pas moins grandioses et moins riches en glaces; mais, nous l’avons dit, ils attendent leur Saussure, et, en attendant, les Français ignorent qu’ils ont chez eux ce qu’ils vont chercher bien loin.

Sur les flancs des splendides sommets du cirque montagneux de l’Ûisans, par exemple, sont des glaciers aussi beaux, aussi étendus, aussi pittoresques que ceux de Grindelwald ou de la mer de Glace.

Les cinq ou six glaciers qui flanquent, au nord, les pics géants de Medje et de la Grave; ceux de la Selle, de la Pilatte, de l’Être, et tant d’autres qui garnissent les flancs du profond entonnoir creusé au centre du massif; ceux du mont Clan, d’Ailefroide, et enfin les deux magnifiques fleuves glacés qui étreignent la Barre-des-Ecrins , en face du Pelvoux, le glacier Noir et le glacier Blanc, sont inconnus même de la plupart des Dauphinois de Grenoble, de Gap et de Briançon, auxquels les livres en usage ne parlent que de la Suisse et des bords du Rhin.

Ce sont des Anglais qui ont les premiers fait connaître ces merveilles de notre sol. Faudra-t-il qu’une invasion de touristes étrangers vienne réveiller notre apathie, et nous ouvrir les yeux sur notre ignorance? Nous ne voulons pas le croire : nous voulons espérer que la renaissance de l’enseignement géographique en France va donner l’élan à l’étude de tout ce que notre sol renferme de beautés, comme de tout ce qu’il renferme de richesses.

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