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CHAPITRE J

dionaux désignent les distinctions les plus tranchées qu’on puisse signaler parmi les Français. »

La ceinture des plaines du nord, c’est-à-dire du bassin de Paris, est plutôt formée de collines que de montagnes.

C’est un fait général en France que les parties situées au nord et à l’ouest, avec des accidents analogues à ceux des pays du sud-est, sont généralement plus basses. Pour que l’idée que nous avons essayé d’en donner par ce 8 à double bordure se rapproche encore plus de la vérité, il faut supposer que toute la surface de la France ait subi un petit mouvement de bascule autour d’une ligne droite allant de Pau à Mézières, la partie nord-ouest s’enfonçant un peu, et la partie sud-est se relevant ; le bord normand du bassin de Paris se trouve un peu envahi par la Manche, tandis qu’il y a augmentation de saillie dans le plateau central du côlé du Rhône et dans la ceinture montagneuse formée par les grandes Alpes, qui présentent précisément, de ce côté, leurs plus gigantesques sommets.

La Bretagne (fig. 21) et le sud-ouest de la Normandie présentent un peu l’aspect de pays de montagnes : les côtes sont élevées, découpées et hérissées de rochers de granit, alternant avec des falaises de schiste; dans l’intérieur, les environs de Bagnoles, de Mortain, les hauteurs de Saint- Brieuc à Brest, dites les montagnes d’Arrée, celles de Pontivy à Chateaulin, dites montagnes Noires ou Echine de la Bretagne, et bien d’autres points, sont accidentés de ravins, d’escarpements abrupts, de sites pittoresques. Mais leur altitude ne dépasse pas 400 mètres.

Les collines du Poitou sont moins élevées encore. Cependant le plateau de Gatine et le Bocage vendéen sont aussi

de nature granitique ; ils rappellent tout à fait le sol de la Bretagne.

A l’autre bout de l’escarpement qui borde le plateau central, et d’où descendent, en le coupant par des gorges,

Fig. 21. — Plateau breton

la Vienne, la Gartempe, la Creuse, l’Indre et le Cher, au delà de l’entrée de la riche vallée de la Limagne , est la contrée cju’on appelle le Morvan. Voici ce qu’en dit Joanne.

« Le Morvan , dont le nom vient sans doute des deux mots celtiques mor, noires, et vand, montagnes, est l’une des contrées de la France les plus intéressantes à visiter.

« La nature , en effet , semble s’être complu à y réunir, à l’exception des lacs et des glaciers, — et encore y trouvet-on de nombreux et vastes étangs, — tout ce que peut désirer un voyageur pédestre : forêts immenses, fraîches et grandes prairies, eaux abondantes et pures, cascades écu-

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