‹ Les montagnesChapitre 37 sur 313 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

mantes, roches primitives, sommets élevés, solitudes profondes, accidents de terrain d’une variété infinie , mœurs originales des habitants. Cependant, bien qu’il soit actuellement sillonné de nombreuses routes, le Morvan est peu visité des touristes. Il se trouve compris, en effet, entre plusieurs grandes voies de communication qu’on suit généralement sans s’arrêter.

« Il se compose d’une chaîne de montagnes granitiques, ayant du nord au sud, c’est-à-dire d’Avallon à la chaîne de l’Appenelle qui domine Luzy, 88 kil. de longueur, sur une largeur qui varie de 3 '1 à 48 kil. Ces montagnes, couvertes de grandes forêts, sont entrecoupées de basfonfls, de rivières, de ruisseaux et d’étangs ou flaques d’eau, dont un grand nombre ont été desséchés depuis le commencement de ce siècle. Les ouches, terres fertiles au milieu des montagnes arides, ne se reposent jamais '. »

Le point culminant du Morvan, le pic du Bois-du-Roy, atteint 904 m d’altitude. Le mont Beuvray, plus connu, qui se dresse sur le bord du massif dans les environs de Château-Chinon , s'élève à 830"’.

De l’autre côté de la vallée d’Autun, qui limite le Morvan au sud-ouest, s’étend, du Creusot à Dijon, le massif qui porte le nom fameux de la Côte-d’Or. Ce n’est certes pas par le pittoresque de ses sites qu’elle est célèbre. Ce n’est qu’un dos de pays sec et laid. Mais il est planté de vignes qui portent des noms connus dans le monde entier: Clos- Vougeot, les deux Romanée, Richebourg, Volney, Pomard. Chambertin et autres localités de la côte de Beaune et de la côte de Nuits. Sur l’autre versant, autres richesses, le fer, la houille et les intelligentes institutions de la grande usine du Creusot

Itinéraire général de la France, t. III.

La Côte-d’Or est entièrement calcaire, et, comme toutes les saillies que nous allons voir à l’est du bassin de Paris, en pente douce vers l’ouest, abrupte vers l’est. Le mont Tasselot, qui la continue au nord de Dijon, se relie près de la source de la Seine au plateau de Langres, simple dos de pays peu raviné, aussi entièrement calcaire, qui se joint au delà de cette ville à des plateaux de grès désignés par les géographes sous le nom de Monts Faucilles. Toute cette suite de hauteurs, depuis le Morvan, se maintient entre 400 et 500 m de hauteur, et ne mérite d’aucune manière le nom de montagnes.

Il en est de même des arêtes parallèles formant les rebords des cuvettes superposées, que nous avons dit sortir successivement les unes de dessous les autres depuis Paris jusqu’aux Vosges, et que l’on voit sur la carte 1. Les premières crêtes sont crevées perpendiculairement par la Seine et ses affluents; mais les dernières sont parallèles assez longtemps aux rivières qui , coulant entre elles, se dirigenL vers le nord, l’Aisne, l’Aire son affluent, la Meuse et la Moselle; l’une d’elles, la moindre peut-être, mais jadis obstruée de marécages, est célèbre dans l’histoire militaire sous le nonr d’Argonne , et les cinq routes qui la traversent sont décorées du nom de défilés dans tous les traités classiques. Peut-être surprendrons-nous bien des lecteurs en leur apprenant que l’Argonne n’est pas une chaîne de montagnes, et que la Groix-aux-Bois et le Chêne-Populeux ne sont pas des gorges ni des cols.

Toutes ces petites hauteurs s’allongent vers le nord et se soudent à un massif formant une suite de plateaux découpés où dominent les schistes et les roches anciennes dites de transition. Ce massif, qu’on appelle en France et en Belgique les Ardennes, et dont l’altitude moyenne se maintient entre 400 et 700m, est creusé d’étroites et

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