CHAPITRE III
toute neuve, qui va de Colmar à Gérardmer, traverse la chaîne dans sa partie la plus épaisse et la plus belle , au milieu des plus hauts sommets, le Gazon de fête1, le Tanet, le Kruppenfels, le Honech (1,366 m), point culminant de la chaîne centrale, le Rothenbach et le Rheinkopf, qui entourent la pittoresque vallée de Munster ; une autre belle et industrieuse vallée, devenue allemande comme la précédente, celle de Saint-Amarin , part du même point et est dominée par un contre-fort qui contient le plus haut sommet des Vosges, le ballon de Soultz ou de Guebwiller
Fig. 23. — Ballon d’Alsace.
( 1,426 m). De l’autre côté de cette vallée est le ballon d’Alsace (fig. 23), flanqué du Bœrenkopf et du ballon de Servance, qui forment la terminaison méridionale de la chaîne.
Il y a encore du côté alsacien, plus au nord, de charmantes vallées profondément encaissées entre des escarpements couverts de forêts et couronnés de vieux châteaux, comme celle de Ribeauvillé, celle de Sainte -Marie -aux- Mines , au-dessus de laquelle se dressent les ruines gigantesques de Hoh - Ivœnigsburg , celle d’Andlau , au pied de la belle terrasse de Sainte-Odile, derrière laquelle
• Les paysans alsaciens el vosgiens s’y réunissaient à la Pentecôte daus une fêle champêtre.
se cache, au bas du Champ-du-Feu, la charmante retraite du Hohwald.
Mais la perle des Vosges est du côté lorrain, et par conséquent esL restée française ; c’est la vallée de Gérardmer, dont un vieux proverbe dit : « Sans Gérardmer el un peu Nancy, qu’est-ce que ça serait de la Lorraine? »
La vallée de Gérardmer est au milieu de la partie granitique des Vosges , au centre du triangle qui a pour sommets Remiremont, Saint - Dié et Colmar, au milieu de montagnes arrondies dont les prolongements, enfermant Saint -Dié et Remiremont, se continuent par de hautes collines de grès jusqu’à Plombières, Epinal et Raon-l’Étape.
Une suite de trois lacs délicieux appelés de Gérardmer (fig. 24), de Longemer et de Retournemer, alimentés