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CHAPITRE

de l’Aar el du Rhin au nord (voir carte 1). il a 280 kilom. de longueur, sur 45 à 60 de largeur. Il est entièrement constitué par un terrain où le calcaire domine, et qui a pris, à* cause de lui, le nom de terrain jurassique. C’est donc une chaîne à aspect tout spécial, offrant à la lois l’exemple d’une chaîne calcaire, et le meilleur type d'une certaine formation de montagnes, celles à longues arêtes parallèles.

Ce sont des « rangées parallèles, «.lit M. Reclus, el presque uniformes, qui vont en s’élevant comme des étages successifs de l’occident à l’orient : ce sont comme autant de murs d’enceinte présentant d'un eùlé de longs talus en pente, et se terminant de l’aulre par de hrusques escarpements. Des \ allées intermédiaires séparent ee> murailles parallèles, dont la plus orientale, qui . >ur nombre de points, est aussi la plus élevée, domine de toute sa hauteur les plaines de la Suisse. Des cirques ou combes, en forme d'amphithéâtres, s’ouvrent clans l’épaisseur des remparts du Jura, cl çà et là des cluses ou défdés transversaux, animés par (.les torrents, coupent en entier les chaînes, et les séparent en tronçons isolés. On a souvent comparé ces plateaux fragmentaires, qui s’allongent el se suivent uniformément dans la même direction, à ces espèces de chenilles qui rampent sur le sol en longues processions. En ne tenant pas compte des cluses qui partagent en plusieurs morceaux les murs parallèles du Jura, on a aussi comparé ces monts, plus poétiquement, aux rides qui se produisent sur une surface liquide à la chute d’une pierre d. »

« La disposition du Jura, dit à son tour Dussieux -, est l'un des exemples les plus remarquables de ce qu’on appelle, en géologie, plissement de terrains. Il semble, en

1 Elisée Reclus , la Terre: 1er volume, les Continents.

2 Dussieux . Géographie générale.

effet , que les couches du terrain jurassique, d’abord horizontales, se soient plissées et contournées sous une forte pression agissant à l’est et à l’ouest, de manière à produire ces chaînes et ces vallées parallèles, dans lesquelles la crête des chaînes présente le sommet des courbes formées par le terrain plissé, tandis que le fond des vallées en offre la concavité. Des fissures perpendiculaires à la direction des chaînes permettent de voir celte structure bizarre. »

Toutefois ces ondulations ne sont pas toutes égales. La plus haute s’élève brusquement au-dessus de la plaine suisse, à une hauteur moyenne de plus de 1,200™, avec des exhaussements qui, vers le sud, vont à 1,700™ (Chasserai, 1,609™; mont Tendre, 1,682 m ; la Dole, 1,681™; le Recule!, 1,720 ™; le Crêt-de-la-Neige, point culminant, 1,724 "'; le Credo, 1,690™). Les suivantes s’abaissent à mesure qu’elles suivent de l’est à l’ouest, et ne sont plus qu’à 500 ou 600™ d’altitude, quand elles s’effacent dans les hautes plaines de la Bresse et de la Franche-Comté.

La chaîne du Jura mérite d’être visitée en détail. On y admirera d’abord l’intelligence et l’industrie de ses habitants , qui , ne pouvant tirer un grand parti par l’agriculture de leurs secs et froids plateaux, ont tourné l’activité de leur espi'it vers des travaux spéciaux, demandant à la fois de la patience, de l’intelligence, de l’habileté et l’union disciplinaire de la famille, savoir: l’horlogerie et la bijouterie. On sait que le Jura suisse et français a aujourd’hui, pour ainsi dire, le monopole de la fabrication des montres.

Mais on y admire aussi des forêts splendides, de magnifiques vallées, comme celle de Travers, que descend le chemin de fer de Pontarlier à Neufchâlel, la plus belle entrée de la Suisse ; comme celle de Joux, avec ses lacs pittoresques: des cluses ou gorges latérales qui coupent les

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