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CHAPITRE III

le relief du Jura; au nord, les plateaux étagés qui s’appuient sur les monts de la Suisse, descendent jusqu’aux Landes de la Prusse; à l’est enfin, les Alpes Carniques se continuent, dans la Bosnie et la Serbie, par des chaînons calcaires et des plateaux qui, de leur côté, sont isolés seulement par le Danube de la citadelle transylvaine des Carpathes, et vont rayonner, par les Balkans et le Pinde, jusqu’aux bords de la mer Noire et de la mer Egée. »

Les Alpes proprement dites forment, autour de la haute Italie, une large zone arquée dont l’axe mesure au moins 1,200 kil. de développement, du col de Cadibone, près Savone, qui forme la limite des Apennins, jusqu’à Fiume ou jusqu’à Vienne.

La largeur va toujours en croissant de l’ouest à l’est; les Alpes Maritimes, épaisses de 00 ki loin . au col de Tende, arrivent à 120, entre Digne et Coni; les Alpes Grées à 150. entre Grenoble et Turin, comme les Alpes Pennines entre Genève et Ivrée; le système entier limité encore à 160 entre Lucerne et Corne, atteint 190 entre le lac de Constance et Bergame, 250 entre Munich et Vérone, 350, entre Fiume et Vienne.

« Les Alpes, dit Dussieux, ont leur versant abrupt sur l’Italie; les grands escarpements sont tous du côté de ce pays. Vue de Turin, la chaîne se dresse sur la plaine du Piémont « comme une muraille qui environne un jardin. » Du côté de la France, de la Suisse et de l’Allemagne, les Alpes s’abaissent, au contraire, en pentes plus douces et par des gradins successifs. Le mont Blanc, par exemple, du côté de la Savoie, offre des pentes assez douces pour qu’on puisse y monter; du côté de l’Italie, ce sont, au contraire, des murs absolument inaccessibles.

« 11 existe au pied de chacun des deux versants des Alpes une rangée de lacs célèbres par la beauté de leurs rives et

de leur aspect. Au piecl du versant septentrional on trouve les lacs du Bourget et d’Annecy, en Savoie; les lacs de Genève, de Thun, de Brienz, de Lucerne, de Zug, de Zurich et de Constance, en Suisse; les lacs Kochel, Animer, Wurm et Chiem, en Bavière; les lacs Trumrner, Waller, Alier, Moud, Atter et de la Traun, en Autriche; les lacs Neusiedl et Balaton, en Hongrie. Au pied du versant méridional, en Italie, sont les beaux lacs Majeur, de Lugano, de Côme, d’Iseo et de Garde. »

Tandis que la formation générale du Jura et des Pyrénées est d’une régularité frappante, les Alpes semblent n’ètre qu’un effrayant désordre, et il faut les avoir longtemps étudiées ou parcourues pour arriver à comprendre la disposition générale de leurs crêtes. On peut considérer l’ensemble de ces monts comme formé de grands massifs séparés, dominés par des groupes de cimes neigeuses, et se rejoignant par des rameaux qui s’entre-croisent dans tous les sens.

Le point de départ, qu’on peut regarder comme le centre des Alpes, sous le rapport géographique, est le nœud du Saint-Gothard , situé au centre de la Suisse, où viennent se rencontrer six vallées principales, qui divergent dans tous les sens: l’Aar et la Reuss au nord, vers l’Allemagne; le Rhin à l’est, vers l’Autriche; le Tessin et la Toccia au sud, vers l’Italie; et le Rhône à l’ouest, vers la France.

Ce massif central , sorte de nœud où viennent se rattacher les chaînes principales, est assez peu élevé (point culminant : 3,000 m) relativement à ses puissants voisins. Il est probable que ies érosions des eaux qu’il fournit ont fortement abaissé son relief primitif. Il est traversé par une route (fig. 28 bis) qui est déjà une des principales des Alpes. C’est aussi lui qui doit être prochainement traversé par ce fameux chemin de fer reliant l’Allemagne à

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