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CHAPITRE III

Au nord de la vallée de la Drave est un long et considérable massif, celui des Alpes de Salzbourg, dont les sommets culminants, le Gross-Glockner (3,894 m) et le V enediger (3,768 m), sont les derniers, à l’est, qui dépassent 3,500 m et portent des glaciers. Une ligne parallèle de sommets neigeux, plus rapprochés de Salzbourg, et dont les monts de Hallstadt (3,085 m) contiennent les plus élevés, atteint à peine la hauteur des Pyrénées. Toutefois celle région autrichienne des Alpes renferme des beautés du premier ordre; ses lacs notamment peuvent rivaliser en nombre et en beauté avec ceux de la Suisse.

Si nous revenons de Salzbourg vers l’ouest, en rentrant dans le Tyrol, nous rencontrons, après la profonde coupure du Brenner (1,420'"), où passe le chemin de fer d’Autriche en Vénétie, le premier qui ail franchi les Alpes, un massif neigeux très-considérable. YŒtzthal (Wildspitze, 3,750'"), auquel se rattache le Stubaier, presque aussi important. Ces deux groupes, compris entre les vallées de lTnn et de l’Adige, sont parmi les plus remarquables des Alpes par la puissance et le nombre de leurs glaciers. Au nord de la vallée de lTnn, le massif des Alpes bavaroises et celui du Vorarlberg ne sont que des montagnes de taille secondaire : mais ils contribuent à compléter cette belle contrée du Tyrol, bien peu connue des voyageurs français, quoiqu’elle puisse soutenir, sous bien des rapports, la comparaison avec la Suisse.

Rentrons dans ce dernier pays : nous y trouverons, au nord de la partie de la vallée de lTnn qu’on nomme la basse Engadine, le massif de la Süvretta, avec le Piz- Linard (3,410'") pour point culminant. Mentionnons, en passant, le petit et pittoresque massif des Alpes d’Appenzell , dominé par le Sœnlis (2,504 "'), et arrivons au massif des Alpes de Claris et de Schwitz, avec ses beaux som-

Fig. 30. - Le Galenstoek et le glacier du Rhône.

mets du Glœrniscli (2,913 m), des Clarides et du Tœdi (3,023 m), sa pittoresque vallée de la Linth, célèbre par le site sauvage de la Pantenbrüche (fig. 31). Il vient se

terminer sur la vallée de la Reuss, qui suit la route du Saint -Gothard , par la belle cime du Bristenstock (3,073 m), qui fait si bien tableau au fond du lac d’Uri, au-dessus d’Altorf.

De l’autre côté de la vallée de la Reuss commence le massif des Alpes d’Uri et d’Unterwald, dominé au nord par la cime du Titlis (3,229 m), et au sud parcelle du Galenstock (3,598 m), d’où descend le beau glacier du Rhône (fig. 30).

C’est au nord de ces deux derniers massifs que se rattachent les montagnes de cette région , si connue et si visitée, qui entoure le lac de Lucerne ou des quatre cantons. Ces quatre cantons, U ri, Schwitz, Unterwald et Lucerne (auquel on pourrait ajouter Zug), les cantons primitifs de la Suisse (Urkantonen), qu’on appelle aussi cantons forestiers, petits cantons, cantons catholiques , et qu’on pourrait appeler les pays les plus beaux et les plus heureux de la terre , ne renferment que des montagnes du second ordre, qui sont loin d’atteindre, en général, les altitudes neigeuses. Mais ces montagnes, les belvédères préférés des grandes Alpes, s’appellent le Righi (1,800 m),

Fig. 31. — La Pantenbrüche.

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