CHAPITRE III
vera d’autant plus vrai ce que va dire ici Toppfer. « Passez donc par le Saint-Gothard , vous qui aimez à voir les merveilles qu’enfante la liberté; c’est par elle seule que le zèle et les efforts d’une peuplade de montagnards ont pu accomplir ce que Bonaparte lui-même n’a pas fait sans attirer les regards et l’admiration de l’Europe entière.
« Non loin du Saint-Gothard, le Saint-Bernardin ouvre au voyageur une route que le voyageur délaisse; c’est que, sans être aussi intéressante que les autres, elle n’offre aucun avantage en compensation. Le Splugen l’a tuée.
« Comme passage à grande route, le Splugen lutte à tous égards avec le Simplon , et il l'emporte sur lui peutêtre par ses magnifiques abords et par ses immenses galeries : c’est, ce nous semble, le passage des artistes. Sur le revers italien , les sites ne font pas vue, mais tableau, et l’on croirait, en mille endroits, que le Poussin a visité ces lieux.
« Enfin, au delà, le passage du Slelvio, qui commence à devenir fameux, présente, comme ouvrage de l’homme, ce que les Alpes renferment de plus hardi et de plus merveilleux. » Malheureusement la guerre d’Italie l'a fort endommagé, et puis il est bien loin pour des voyageurs allant de France en Italie.
Nos préférences, à nous, seraient pour le Splugen. Pour y arriver, on peut mettre sur son chemin la belle entrée de Pontarlier à Neuchâtel à travers le Jura, les plus charmants lacs et les sites les plus célèbres de la Suisse allemande, Thun. Interlaken, les cascades et les glaciers de l'Oberland, le Brunig et PUnterwald, le lac des Quatre -Cantons et le Bighi. le Grutli et Altorf, Einsiedeln par Schwitz, le lac de Wallenstadt, Pfefîers, Coire, et enfin la Via-Mala. C’est la traversée de huit à dix jours la plus propre à donner l’envie de revenir.