CHAPITRE III
inverse, pareilles vallées fécondes et industrieuses, pareilles croupes boisées couronnées de vieux châteaux.
La vogue de la Forêt -Noire est même plus ancienne <pie celle des Vosges. Bade et Fribourg-en-Brisgau sont plus connus que Saverne et Gérardmer. Le val d’Enfer (fig. 42) était célèbre avant la Schlucht. Lorsqu’on aura visité les Vosges, il faudra mettre la Forêt-Noire sur son chemin pour aller aux Alpes, auxquelles elle servira de charmante préface.
Dans le nord de l'Allemagne, entre le Rhin et la Pologne, s’étendent des contrées montagneuses, dont quelques-unes ont une célébrité méritée.
Nous avons cité le Taunus et les montagnes des bords du Rhin, qui servent de promenades aux baigneurs de Wiesbaden et d’Ems; il faut y ajouter le Ilarz, massif granitique des plus pittoresques, cher aux étudiants allemands, situé entre le Hanovre et la Saxe, et dominant d’un millier de mètres les plaines île la Prusse, qui commencent à ses pieds. Le Brocken, son point culminant (1 1 lo m), les gorges du Ross-Trappe et le plateau des Sorcières, ont la vogue du Righi suisse, et sont, comme lui, couverts de roules et d’hôtels pour les promeneurs.
Les groupes montagneux les plus remarquables de l’Allemagne centrale sont réunis autour du plateau de la Bohême, qu'ils entourent d’une bordure en losange, un peu moins régulière cependant que n’ont l’habitude de la représenter les cartographes français.
Entre la Bohème et les montagnes des bords du Rhin (Forêt-Noire, Taunus, Westerwald, etc.), depuis le Harz au nord jusqu’aux Alpes au sud, l’Allemagne centrale est formée par un plateau qui contient la Bavière, le Wurtemberg, les liesses et les Saxes. Ce plateau, raviné par les eaux du Danube et de ses affluents, du Neckar et du Mein,
Fig. 42. — Le val d’Enfer dans la Forêt -Noire.
OU SUN I LES MONTAGNES loo
du Weser el des deux affluents de l’Elbe, présente quelques saillies qui arrivent à l’altitude montagneuse, telles que cette arête qui traverse le Wurtemberg, porte au sud les sources du Danube, tombe à pic, au nord, sur la vallée du Neckar, et s’appelle Rauhe-Alp , Alpes rudes ou Alpes de Souabe; plus au nord, à la suite du pittoresque Taunus, parc des joueurs de Wiesbaden el de llombourg, les sommets du Vogelsberg , du Rhœne, du Thuringerwald el Frankenwald (monts de Thuringe et de Franconie), qui vont rejoindre le coin occidental du losange bohémien, les Fichtel-Gebirge ou montagnes des Pins.
Les quatre bordures de la Bohême sont formées par quatre massifs distincts, et les issues sont aux quatre angles.
La bordure nord-ouest est l’arête à pic du haut plateau saxon, riche en mines, et appelé Erz-Gebirge, monts Métalliques, célèbres dans les légendes populaires et dans les cours de minéralogie.
La bordure sud-ouest s’appelle les monts de Bohême, Bœhmer-Wald; elle est, au contraire, en pente douce vers la Bohême, et escarpée vers la Bavière.
La bordure sud-est s’appelle les hauteurs de Moravie ; c’est une terrasse à peine saillante, en pente douce des deux côtés, et non une chaîne de montagnes; il n’y a donc pas de limites naturelles de ce côté , et c’est avec raison que la Bohème appartient à l’Autriche.
La bordure nord-est, la plus épaisse et la moins régulière, présente d’abord, au nord, l’arête des monts de Lusace, prolongement de l’Erz-Gebirge, derrière lequel se dresse l’épais massif des Riesen-Gebirge ou monts des Géants, le plus élevé de l’Allemagne intérieure (Riesenkopfe, 1650 m). Puis vient, jusqu’à l’angle oriental du losange, le massif compliqué des monts Sudètes. C'est par