CHAPITRE IV
Avec un de ces instruments on n’est plus exposé à commettre des erreurs grossières, comme on en fait lorsqu’on se rapporte au seul témoignage des yeux.
11 est inouï comme on se laisse tromper sur les distances et les hauteurs quand on n’a pas une grande habitude des montagnes. L’air est souvent tellement transparent, qu’on croirait pouvoir toucher, en jetant une pierre, des parois ou des pentes nues qui sont éloignées de plusieurs kilomètres, et où des roches énormes font l’effet de simples cailloux. On peut redresser jusqu’à un certain point son jugement, quand on peut apercevoir un terme de comparaison, un homme, un animal, un chalet; même dans ce cas on se fait illusion : on croit pouvoir descendre en dix minutes à tel village qui est à deux ou trois heures de marche ; on croit pouvoir monter en une heure à tel sommet qu’on sera bien heureux d’atteindre en une demi- • journée.
On compte qu’en moyenne un bon ascensionniste, dans une longue excursion, s’élève dans une heure de marche
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