Graillot et Gsell, l. c, p. 47 et fig
19" Barai (Ikigai, au nord de l'Aurès). — Les édifices chrétiens devaient être importants dans cette ville, qui fut, au iv" siècle, un des principaux foyers du donatisme'. On n"j trouve cependant aucune ruine qui puisse être considérée avec certitude comme une église^. Plusieurs voussoirs, conservés aujourd'hui à Aïn Beïda, ont probablement appartenu à l'arc de tète d'une abside-^; l'un est orné d'une croix grecque, avec l'a et l'to; sur les autres sont sculptés des ceps de vigne. Ces débris datent de l'époque byzantine.
Saint Augustin mentionne '* une basilique qui se trouvait dans le A'oisinage de Bagai, sur le domaine appelé fundus Calvianensis. L'autel de cette église était en bois : >.< In ea ipsa [ba~ <■ silica) stib a/tari, quo confugerat-', eodem supra se fracfo, « eiiisqiie lignis aliisqxe fustihus... totum illum locum san- « guitie opplevit. y>
20" Henchir el Begueur ; région de Tébessa). — Église ^\ De Bosredon fait observer qu'elle « a été évidemment copiée « sur celle de Tébessa; beaucoup moins étendue que cette
1. Saint Augustin parle d'une basilique catholique de Bagai qui fut brûlée par les schismatiques (Breviculus collationis cuin donalisiis, 3, 23).
2. La ruine dans laquelle Payen (Annuaire de Constantine, 1858-9. p. 101) a cru reconnaître une grande basilique, est en réalité une mosquée (Héron de Villefosse, Musée archéologique^ I, 187.j, p. 117; Archives des Missions, 3° série. 11, 1873, p. 446).
3. M. Diehl {Nouvelles Archives des Missions. IV, 18'.)3, p. 323) y voit des restes d'un ciborium. opinion que je ne crois pas admissible : ces blocs, qui faisaient partie d'une arcade appareillée, sont beaucoup trop grands pour cela.
t. Contra Cresconium, 3, 47. Conf. Lettre 183, 27.
i). Il s'agit d'un prêtre catholique, pourchassé, puis assouinié par les donatistes.
6. De Bosredon, Rec. de Constantine, XIX, 1878, p. 22: pi. l, fig. 2 et 3. Héron de Villefosse, Bull, des antiquaires de France, 1880, p. 270-2 et planche. De Rossi, Bull, di archeologia cristiana, 1880, p. 73-o et 175 ; pi. IV, fig. 2 et 3. Farges, Bull, de VAcadémie d'Ilippone, XVIII, p. 121-2. Je regrette de n'avoir pas pu étudier cette église.
<( dernière, elle présente les mêmes dispositions ; elle est ornée « de la même façon. » — <> Elle forme, dit M. Héron deVillo- « fosse, nn quadrilatère fortifié, entouré de fossés. Au milieu, (( se dresse une grande arcade [1^^ porte d'entrée, dit De « Bosredon], très minutiousemont décorée de rosaces, de « jjandes, de petits losanges, do branches de vigne finement <( enroulées, et supportée par deux chapiteaux corinthiens. « Cette arcade est ornée d'un monogramme, inscrit dans une « couronne. » Le monogrannne, d'une interprétation très incertaine, se rapporte peut-être au nom du fondateur, ou l)ien de l'évoque qui a dédié le monument : il est possible qu'il signifie CELSl '. M. Héron de Yillefosse a trouvé, sur un mamelon voisin, un certain nomljrc de fragments sculptés, qui lui ont paru provenir tlu même éilifîce : chapiteaux, consoles, débris d'arcs ; le style est celui des sculptures de la basilique de Tébessa, quoique plus grossier. Ce savant rapporte aussi à la basilique dont nous parlons une curieuse table d'autel-, qui gisait à peu de distance. La face supérieure est creusée au centre dune cavité cylindrique, bordée d'une feuillure pour l'insertion d'un couvercle carré : c'était là qu'on enfermait les reliques. La tranche antérieure de cette table offre une croix monogrammatiquo, accostée de l'x et de l'o), et un cartel avec l'inscription : « Memoria sa(n)cti Monkmi^ », qui nous apprend que des rehques de ce saint étaient déposées dans la cavité. Un second cartel contenait peut-être la mention (aujourd'hui effacée) d'autres rehques. La forme de la croix, celle des lettres et l'abréviation sacti indiquent le vi" siècle.