‹ Les monuments antiques de l'Algérie (volume 2)Chapitre 115 sur 264 · Corpu.<!, IO6G0 = noOT · texte numérisé non relu

Corpu.<!, IO6G0 = noOT

Des morceaux d'une arcade, découverts aussi à Henchir el Begueur, portent rinscriptiou ' : « Hic est memoria sanctorum Primi et Quintasi », flanquée à droite et à gauche d'une colombe et de plusieurs palmes. Cette arcade a dû surmonter l'entrée d'une chapelle, qui dépendait peut-être de l'église.

21° Henchir el Beida lau nord de l'Aurès). — Chapelle-, fort ruinée. Longueur 16", 20, largeur 13 mètres. Il n'y avait qu'une seule porte, au miUeu de la façade. La nef était limitée par deux colonnades (bases attiques à socle élevé). Des dalles et des piliers formaient la clôture du chœur. Un espace rectangulaire surélevé tenait lieu d'abside : l'ouverture était encadrée par deux demi-colonnes. Cet espace est flanqué de deux sacristies, également surélevées.

22° Bénian [Ala Miliaria, dans le département d'Oran). — Église'^ [fig. 117), située dans la partie orientale de la ville fortifiée; le chevet a été établi sur le rempart môme. Elle a été fouillée en 1899 par "M. Rouziës. Elle était protégée, au nord, à l'ouest et au sud, par une enceinte, longue de 34 mètres, large de 35", 10, qui date peut-être d'une époque plus ancienne et qui a pu constituer primitivement la citadelle de la place. Cette église, qui mesure 26", 80 de long sur 16 mètres de large, est bâtie, selon l'usage, en moellons, avec des chaînes en pierres de taille (murs épais de 0°',65).

La façade parait avoir été précédée d'un portique, bordé par une rangée de piliers qui soutenaient un toit incliné. On avait

1. Corpus, nCOS. Ces fra.sments ont été trouvés au même endroit que les sculptures mentionnées par M. de Villefosse.

2. Graillot et Gsell, Mélanges de l'École de Borne, XIV, 1894, p. 64-63 fig. 19.

3. Gsell, Fouilles de Bénian (Publications de l'Association historique de l'Afrique du Nord, fascicule I, Paris, 1899), p. n-îiO.

LES .MO^L'.MENTS ANTKjUES DE l'aLGÉRIE

fait quelques eusevelissements sous ce porche : les épilaplies <ruu diacre, mort eu 439, et d'uu évoque, qui rrquievit in fide Evange[lii)^^ y ont été retrouvées. Le Iront delà basilique n'offre qu'une seule porte, au milieu.

Vu:. 117. — Basilique de Bénian.

A l'intérieur, les trois vaisseaux sont séparés par doux rangées do piliers, reposant sur dos dés plats et coiffés de coussinets en forme de tronc de pyramide renversé. Par-dessus

1. Ilériin (le Villefosse, Bull, des aniiquairps <!<• France, l'JOO, p. Mi-:).

étaient jetées des arcades. Le chœur, profond de 4", 80, était isolé par des grilles en métal ou par des barrières en bois, dont les trous de scellement se voient dans les piliers. A une basse époque, on y enterra plusieurs personnages.

L'abside, enfermée dans un cadre rectangulaire, est surélevée de 1™,50, hauteur anormale qui tient à l'existence de la crypte dont nous parlerons tout à l'heure. On v montait par deux escaliers de six marches, construits l'un à droite, l'autre à gauche d'une estrade en maçonnerie, dont la hauteur atteignait le niveau iïn preshi/lrrium. C'était probablement là que se dressait l'autel, qui devait être en bois. L'ouverture de l'abside présentait une rangée de deux colonnes isolées et de deux colonnes engagées, qui supportaient sans doute une architrave (chapiteaux corinlhiens d'un travail minutieux).

Le sol de ce pi'esbyterium était couvert d'une mosaïque grossière,

faite en morceaux de briques et en ^"^' *^^'

Crj'pte de Bénian.

silex blancs et noirs, pavement dont

il ne reste plus que quelques misérables débris. A gauche, un passage mettait l'abside en communication avec une sacristie, aussi élevée qu'elle. Cette salle, qui n'avait pas de porte sur le collatéral voisin, était le diaconicum. A droite, se trouvait la prothesis^ établie à un niveau plus bas; elle communiquait avec le dehors et très probablement aussi avec le collatéral, mais non pas avec l'abside.

L'église de Bénian a une crypte {fig. 118), certainement contemporaine du reste de l'édifice. Une porte s'ouvre dans le soubassement du diaconicum, à gauche ; elle devait être précédée d'un escalier permettant d'y descendre. Elle conduisait

à une première chambre, vestibule do forme rectangulaire, voûté en berceau '. Do là, on pénétrait, par une baie étroite et basse, dans une salle ménagée sous l'aljside, semi-circulaire comme elle, mais de dimensions un peu moindres. La calotte en moellons qui la recouvrait est encore assez l)ion conservée. Au milieu de la courbe que décrit le mur, une sorte de niche quadrangulaire présente, à 1",20 au-dessus du sol, une fenêtre, haute de 0"\60, large de 0'",50, bordée d'un cadre en pierre encore intact, où l'on voit des trous qui servaient à assujettir une grille fixe en métal; du <'ôté de la crvpte, doux autres trous, percés dans le plafond du cadre, recevaient les pivots d'un volet à tabatière.

Cette fenêtre donne sur un caveau, situé derrière la crypte, et occupant le milieu d'une série de so})t toml)oaux, dont plusieurs sont certainement antérieurs h l'église. Ce sont tles chambres do forme rectangulaire (longues de 2'", 10, de largeur variable), construites en moellons et couvertes jadis de voûtes en ))erceau. Elles ont reçu les corps de divers ecclésiastiques, évoques, prêtres, religieuses, morts entre 522 et 44G. — Celle du milieu servait de sépulture à Robba, sœur d'Honoratus, évêque donatiste d'Aq/iae Sirenses. Cette religieuse, tuée en 434 par les traditeurs (c'est-à-dire par les catholiques!, fut vénérée comme une martyre. La cry])te avait donc été faite pour permettre la visite du tombeau de la sainte ; l'ouverture pratiquée dans la niche était une /('nrsfr//a coftfessioni.<, ayant vue sur le caveau de Rol)ba, dont on aballit le mur de ce côté, II est même très probable que la fondation de la basili(pie eut pour cause le culte rcnihi par les donatistes à cette martyre :

1. Cette saUe a servi aussi de magasin à une époque indéterminée: on y a trouvé de nombreux débris do jarres, de pots et de cruclies.

ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN 17t>

c'était iino basilka coniimcta tumulo. — A l'ost, au delà des caveaux, on construisit une muraille, enfermant dans une même enceinte l'église et les tomljes.

Ce sanctuaire est donc postérieur à la mort de Roblia, c'està-dire à l'année 434. Mais il est antérieiu- à 139, date d'une des tombes établies sous le porche. Les dél)ris de charlxMi dont le sol était jonché prouvent qu'il a été détruit par le feu.

Auprès de la basilique s'élovaiont i)lusieurs bâtiments, qui en étaient sans doute des annexes, entre autres doux salles, très distinctes au nord. Ces locaux n'ont pas été fouillés.

23" Hcnclilr el Bey (région d'Aïn Beïda). — Fragment de colonne, sur une des faces de laquelle on lit ' : « Do)nus Dell et orati?\onh . . . » Cette base a peut-être appartenu ;t un portique, précédant un oratoire.

24" B'iar el Kherba (entre Sétif et Batna). — Église', non fouillée {fi(j. 119). Les murs sont au ras du sol et l'intérieur est encombré de constructions arabes, mais le j)lan est très net. Longueur (sans l'abside) 29", 80, largeur 15"", 30.

Un vestibule, profond 'entre murs) de 2"", 70, occupe tout le front de l'édilice. Ce vestibule et l'église elle-même n'ont qu'une porte, sur le devant, au centre. A l'intérieur, se dressaient deux rangées de piliers quadrangulaires, dont toutes les bases sont encore en place (socle haut, moulures rappelant celles des bases attiques). Ils étaient coiffés de coussinets en forme de tronc de pyramide renversé. L'abside, profonde de 7", 10, est plus élevée que le reste de l'église et pavée en briques : elle présente, du côté de la nef, une bordure en

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