II
(jue roii lie peut pas invoquer à cet égard la tombe d'enfant de Tannée 508, puisqu'elle est d'une époque postérieure à la construction du bâtiment. Il en est sans doute de même du sarcophage en marbre, dont la facture est exécrable. Quant au cadre en pierre, il a pu enfermer un corps ; mais il est possible qu'il ait contenu seulement des reliques. L'autel, dont l'existence est à pou près certaine, })rouYe simplement que la salle était une chapelle, une jnemoria^ consacrée à une dévotion particulière'. Cependant, nous sommes tenté de nous demander si elle n'avait pas tout d'abord une autre destination. Nous verrons que le petit baptistère, situé à droite de l'atrium, appartient à la troisième époque : il a dû en remplacer un autre, car il est évident que cette grande basilique de Theveste n'a pas pu, pendant une longue jiériode de temps, être dépourvue de fonts baptismaux, l^rimitivemcnt, la jùscine occupait peut-être le miheu de la salle tréflée'-; plus tard, elle aurait été remplacée }iar un autel, recouvrant soit un corps, soit des reli(iues : les petits piliers sculjjtés qui nous ont paru se rapporter à cet autel sont du style des coussinets des tribunes de la basih(pie, c'est-à-dire de la troisième époque. Ce ne sont l;i, du reste, que des hypothèses'''.
Nous avons dit que la Ijasilique et la salle tréllée sont contenq)oraines. Mais loule indication précise manque })Our permettre de les dater. Il est à croire que ces bâtiments remontent
1. A U/.ali (près de Carthage} et à Hippo Regius (voir n" (16 «), des reliques de saint Éfienne furent placées dans une memoria, formant une annexe de l'église.
2. Conf. la forme du baptistère de l'église principale de Tigzirt.
3. Une conduite d'eau, venant d'une montagne voisine, aboutissait, dit-on, près de ce bâtiment (Dnpr it, l. c, p. 44). On peut supposer qu elle a servi aux besoins du baptistère. Mais il est clair quelle a pu être employée à de tout autres usages; d'ailleurs, rien ne prouve quelle soit contemporaine de la salle.
aux premiers temps du Bas Empire, à l'époque ronsécutive au triomphe du christianisme : ce triomphe s'affirme ici par les vastes dimensions de l'église, par sa riche décoration, par son haut soubassement, rpii livaHse avec les stylobates élevés des iemples païens. Il n'y a aucune raison de croire que cet édifice ait été d'abord une basilique civile, construite sous le Haut Empire ' ; toutes les dispositions qu'il présente montrent qu'il a été aménagé, dès l'abord, pour servir au culte clirétien-.
Seconde époque
Nous rapportons à une seconde é'poque la grande avenue dallée qui s'étend transversalement en avant de la basilique,
1. Comme l'ont dit dilférents archéologues, par exemple Mau, s. v. Busllica, dans la Real-Eno/clopiUlie de Wissowa, p. 91.
2. Dons un article du Nuovo Dulleflino c/i arc/teolof/ia cristiana (V, 1899, p. ;J0-63), un missionnaire des Pères Blancs a soutenu que la basilique de The veste fut élevée, au temps de saint Augustin, par les soins de Févôque Palladius, dont on a retrouvé la tombe dans une salle voisine de la chapelle tréllée. Mais aucun argument solide n"a été présenté par ce savant à l'appui de la date qu'il propose. D'autre part, nous verrons plus loin que ce Palladius ne semble pas avoir vécu avant la fin du v° siècle et que la salie dans laquelle il l'ut enseveli est certainement postérieure à l'église. Rien ne prouve non plus que la chapelle tréllée ait été élevée pour abriter la sépulture dune martyre locale, sainte Grispine, comme le croit l'auteur de l'article. Enfin nous ne pensons pas qu'il soit e.xact de dire que l'ensemble formé par la basilique de Tébessa et ses dépendances « olfre un caractère frappant de similitude avec le « temple de Jérusalem », qui aurait servi de modèle à l'architecte africain. Les constructions religieuses de Tébessa appartiennent à diverses éporfues : il est donc faux de les considérer comme formant un ensemble conçu par une seule pensée. Les prétendues ressemblances dont on parle ne sont pas aussi importantes qu'on t'affirme et elles paraissent être toutes fortuites. La basilique de Tébessa a été bâtie sur un plan usuel dans l'architecture chrétienne primitive: les remaniements, les additions qu'elle reçut ensuite peuvent s'expliquer sans qu'il soit le moins du monde nécessaire d'admettre une imitation du temple de Jérusalem. D'ailleurs, les dispositions de ce temple, rebâti plusieurs fois et détruit pour toujours en l'année 70 de notre ère, devaient être aussi obscures pour un Africain du iv° ou du x" siècle que pour les archéologues d'aujourd'hui.
les deux portes monumentales qui donnent accès à cette venue, à Test et à l'ouest, les deux portiques qui la 1)ordcnt au nord, la vaste place, entourée de terrasses, qui est établie au sud, enfin la grande salle qui se trouve à l'ouest de la place et qui a été entièrement remaniée plus tard. Toutes ces constructions sont contemporaines, comme le prouvent les emboîtements des murs. Elles ne semblent pas appartenir à la même époque que la basilique, car elles sont disposées suivant une orientation un peu différente : leur axe s'incline à gauche par rapport à l'axe de ce monument. En outre, les deux portiques qui s'élèvent au nord de l'avenue sont sans aucune liaison avec les deux murs limitant l'escalier de l'église.
Avenue. Portes nionumentales. Portiques. — L'avenue (vue, l)lanche LXXXYII), dont le beau dallage est encore intact, a 52 mètres de long et une largeur de 7", 40 (à rest)-7'",65 {à l'ouest) '.
La porte monumentale de l'est est encore assez bien conservée (vue, planche LXXXVIII). Elle formait un passage couvert en charpente et en tuiles, de 8 mètres de long sur 5™, 70 de large, que bordaient de petites salles à étage. La façade du côté extérieur, décorée de pilastres et de colonnes, présente une disposition banale dans les arcs de triomphe romains de l'Afrique du Nord : nous en avons déjà parlé '. L'arcade de la façade intérieure était simplement précédée, à droite et à gauche, d'une haute colonne, dont le chapiteau portait un entablement orné de rinceaux ; par-dessus se dressait peutêtre une statue. L'entrée de l'ouest consistait aussi en un long
1. Cette différence a été nécessitée par le raccordement avec la basilique, dont l'axe, comme nous venons de le dire, forme un angle avec Taxe des constructions que nous attribuons à la seconde époque.