‹ Les monuments antiques de l'Algérie (volume 2)Chapitre 173 sur 264 · Tome 1, p · texte numérisé non relu

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passage couvert, avec des arcades sur les deux fronts. Deux grandes colonnes flanquaient la façade intérieure, comme à la porte orientale; mais ]a façade opposée n'offrait ni pilastres ni colonnes'. Il y avait une salle à étage au nord du passage; nous ne saurions dire s'il en existait une autre au sud, car cette partie de la porto a été remaniée à une époque postérieure.

Dans l'avenue, au pied de l'escalier conduisant à la basilique, on dressa deux colonnes, pareilles à celles qui décoraient les faces intérieures des portes : elles furent placées de manière à dissimuler la ligne verticale de démarcation entre les bâtiments de la seconde époque et les murs primitifs qui enserraient l'escalier.

Les deux portiques établis au nord de l'avenue, à droite et à gauche de cet escalier, avaient un front de quatre colonnes, qui portaient sans doute une architrave en bois. Sauf au milieu, les entre-colonnemonts étaient fermés par des clôtures de dalles, emboîtées dans les bases et dans de petits piliers. Le toit devait être en appentis. Le mur de fond de chaque portique est percé d'une baie.

Place et bâtiment contigu. — Au sud de l'avenue, s'étend une grande place rectangulaire, de 55 mètres sur 42.

Elle est encadrée, à l'est, à l'ouest et au midi, par des plates-formes, surélevées de 1"',90 et bordées de murs épais. La plate-forme du sud était surmontée d'un portique, constitué, du côté de la place, par une double rangée de colonnes, qui portaient des arcades en pierre : les fûts, en calcaire, en marbre, en granit, les uns lisses, les autres cannelés en spirale, ont été

1. Une voie passait devant la porte monumentale de l'est : aussi a-t-on jugé à propos de la décorer plus richement que l'autre. C'était la principale entrée.

pour la plupart pris ailleurs, de même (pi'une bonne partie des chapiteaux, d'ordre corinthien. Dos barrières, faites do dalles et de petits piliers, fermaient les entre-colonnements, sauf au milieu et aux deux extrémités. Le long des terrasses orientale et occidentale, régnaient des barrières sembla1)les ; mais, sur ces côtés, il n'y avait pas de portique. Le mur du sud est percé d'une porte, qui assurait les communications avec le dehors. Des plates-formes, on descendait dans la place par de larges escaliers, d'une dizaine de marches. Mais il faut observer que l'escalier de l'ouest est d'une époque tardive : priniilivement, un passage, de 3 mètres do large, coupait la terrasse en cet endroit. Il fut ensuite bouché par des murs assez grossiers et comblé : ce fut alors que l'on construisit le troisième escalier.

La i)lace est divisée en quatre espaces rectangulaires par des voies dallées, larges de 3 mètres, formant une grande croix et aboutissant au pied des escaliers. Ces espaces étaient limités par des clôtures du système ordinaire (dalles pleines, emboîtées dans de petits piliers), qui paraissent les avoir fermés complètement'. M. Ballu pense que les quatre compartiments étaient des bassins- : « Le sol de ces quatre rec- « tangles ainsi isolés, et dans lesquels on ne pénétrait par au- « cune ouverture, se composait d'une chape en béton de 0", 50 (( d'épaisseur-'', destinée à contenir de l'eau; les fouilles que

1. En tout cas, le compartiment du sud-ouest était clos hermétiquement, à en juger par les encastrements creusés tout le long des bandes de pierre qui portaient les balustrades et qui sont restées intactes.

2. Monastère, p. 14-13. Dans divers bassins antiques de l'Algérie, on retrouve des clôtures semblables à celles qui bordent ces compartiments. Voir, par exemple, Rec. de Const., XXVlll, 1893, planche à la p. 41, et ici même, tome I, planches LXV et LXVll.

3. Cette chape de béton n'est plus visible, le sol des compartiments ayant été remblayé.

(( nous avons })ratiquôcs ne peuvent laisser aucun doute à cet « égard... Bien qu'il soit difficile de préciser avec certitude « l'usage de ces pièces d'eau,... nous pensons qu'elles avaient « pour but de maintenir le long des promenoirs une humidité « produisant une fraîcheur relative, fort agréable pendant (( l'été ; peut-être servaient-elles de viviers. »

Dans le compartiment du sud-est, on voit, contre l'angle des plates-formes orientale et méridionale, un bassin dallé, long de 5", 45, large de 2", 00, clos également par des dalles emboîtées dans des piliers. Des restes de canalisation y aboutissent : c'était donc un réservoir (selon M. Ballu, un bassin de décantation pour les eaux qui allaient ensuite remplir les quatre compartiments) i.

A l'ouest de la place, le passage que nous avons mentionné tout il l'heure donnait accès à un grand bâtiment, qui a été complètement transformé [)lus tard. Les dispositions primitives nous échappent : on reconnaît seulement les amorces de plusieurs parois de refend, qui se détachaient du mur de l'est et qui furent recoupées lors de la réédifîcation.

Rien ne permet de dater avec exactitude les constructions que nous assignons à la seconde époque. La technique est encore bonne, les traditions romaines se sont maintenues ; la porte monumentale de l'est a un aspect classique. Il ne parait guère possible d'attribuer cet ensemble à une date plus récente que la fin du iv" ou le début du v" siècle (dj-nastie théodosienne).

1. Les eaux passaient d'im comparliment dans l'autre en traversant des conduits ménagés sous les escaliers qui se trouvent aux extrémités des allées.

Troùième ('poquc

Cages iVescaUer. Galeries^ au-dessus de fa//iu?/i et des bas côtés. Salle au sud-ouest de la chapelle terflèe. Chambres entourant la basilique. — Tous les bâtiments que nous venons d'énuniérer sont construits en pierres de taille. Ils appartiennent à une même époque : leurs murs s'emboitent, en effet, les uns dans les autres, tandis qu'ils sont simplement appliqués contre les parois de la basilique ou de la chapelle tréflée.

A droite et à gauche do Vatrium, se trouvent deux réduits, l'un carré, l'autre rectangulaire : on y pénètre par des portes qui ont été recoupées dans les murs primitifs. Chaque réduit sert de cage à un escalier tournant, disposé autour d'une pile centrale quadrangulaire : ces escaliers ne pouvaient conduire qu'à des galeries établies au-dessus des portiques de Vatriuni et, de là, à des tribunes surmontant les collatéraux de l'église. Il no reste que la partie inférieure des deux bâtiments : on no saurait donc dire quelle hauteur ils atteignaient. Formaient-ils des tours élevées, dominant Vatrium et visibles de loin, comme les clochers des éghses d'un âge plus récent? Cela est possible, mais rien ne le prouve.

L'étage de Vatrium présentait sans doute quatre portiques, comme le rez-de-chaussée. C'est à ces colonnades supérieures qu'il convient de rapporter des bases attiques grossières, creusées, sur deux de leurs faces, de feuillures, pour l'insertion de cancels, et des chapiteaux d'ordre corinthien très dégénéré', qui ont été retrouvés dans Vatriimi.

Il va sans dire que la construction des tribunes, que nous attribuons à cette troisième époque, dut entraîner le rcmanie-

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