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Grand bâtiment à r ouest de la place (vue, planche XC). — Nous avons dit que ce bâtiment, qui, à l'origine, communiquait avec la place, a été certainement remanié. Il est même vraisemblable que ce remaniement fut postérieur à la démolition partielle de la porte monumentale de l'ouest : celle-ci n'aurait pas pu trouver une assiette assez solide sur le mur qui la borde au sud et qui ne mesure, dans son état récent, que 0", 50 d'épaisseur.
L'édifice, sous sa forme nouvelle, consiste en une salle de 49 mètres' de long sur 22 mètres de large. Les parois sont faites en pierres de taille, provenant de constructions plus anciennes : on remarque, en particulier, quelques blocs ayant appartenu à des pressoirs.
La porte s'ouvrait au nord. L'intérieur était dallé et de plain-pied avec la grande avenue. Deux rangées de piliers carrés, d'mi mètre de côté, en gros matériaux, limitaient une nef centrale de 5™,60de largeur : elles devaient porter des arcades, qui portaient à leur tour un mur percé de fenêtres. La couverture était certainement en charpente et en tuiles.
Chaque collatéral présente, dans le sens de la longueur de la salle, un mur bas sur lequel sont posées des auges, placées les unes à la suite des autres. Elles mesurent, dans k, ^artie creuse, 0",G5 à 0^,90 de long, sur 0^40 de large et U\ 'profondeur movenne. Leur rebord est à 1 mètre du sol. 11 y a près de quatre-vingts. Entre ces auges, sur leurs rebords latéraux, se dressent de petits piliers, hauts de 0",90, portant des bandes de pierre, au-dessus desquelles s'élève un nouveau mur. Ainsi sont constituées des baies rectangulaires, surmontant les auges. A des hauteurs variables, des œdlets ont été pratiqués à travers les piliers, près des arêtes : la plupart
280 LES MOUMENTS ANTHjLES DE L ALGERIE
du coté (le la nef ceiitrali', quelques-uns du cùtë opposé. Certains piliers ont deux œillets, plusieurs n'en ont pas du tout. Le mur à auges offre, do distance en distance, des passages (pu, en général, pouvaient être clos ; les uns sont au niveau du sol, les autres ont un seuil de ^}"'y^0 à <i'",r)0. Les montants de (juelques-nns de ces passages sont percés d'u'illets. Par dcri-ière, des murs transversaux, placés d'ordinaire à l'alignemont des gros piliers de la nef, forment , de chaque côté de la salle, une série de compartiments, communiquant entre eux par un couloir. Ces compartiments étaient surmontés d'un étage. Les chambres supérieures s'ouvraient sur une galerie en bois (à 2™, 75 du sol), portée par des corbeaux qui étaient encastrés dans le mur établi au dessus des auges et qui faisaient une saillie de l'",r)0 du coté de la nef. Les escaliers conduisant aux deux galeries se trouvaient aux angles do la salle.
Ou n'hésite pas en géné^ral à voir dans ce grand bàtiiiient une vaste écurie. Les auges représenteraient des mangeoires j»our les chevaux ; les œillets percés dans les piliers auraient servi h attacher les bêtes ; les clnuubres du rez-de-chaussée et <le l'étage auraient été des magasins pour les fourrages et autres provisions. Tependant. tout cela ne nous parait pas aussi évident (prou le dit'. Les l)(''tes am'aient été bien ra})pi-ochées les unes des autres. De plus, il est malaisé, dans cette hypothèse, de s'expliquei- rutilit('' de certains œillets, pratiqués à travers des montants de portes, ou Ijien du c(')té opposé à la nef, en avant de ces compaiHments oîi des chevaux auraient diftirilemont pu entrer. Je croirais plut(jt que nous sommes ici
1. Des Ijàtimcnts analogues exislent à Henchir Goubeiil et à llaïdra. en Tunisie. Je ne crois pas qu'on puisse y voir des écuries.
en présence d'un rëfccloiro, quoiqno je ne puisse fournir aucune preuve à l'appui de mon opinion.
Il est vraisemblable, mais non certain, que la réédifîcation de cette grande salle est contemporaine des travaux considérables que nous rapportons à la troisième époque : modification des parties hautes de la basili([ue, construction du baptistère, des cellules, de l'enceinte. La plupart de ces aménagements paraissent avoir eu pour objet de loger, d'isoler et de protéger des gens vivant en connnunauté autour de l'église primitive '.
On n'a pas trouvé d'indices permettant de leur assigner une date précise. Certains archéologues les attril)uent au tenq)s de la domination Inzantiue. Mais les arguments qu'ils présentent sont assez peu solides. La construction des bâtiments de la troisième époque est sans doute fort médiocre, mauvaise même pour les chambres qui bordent l'église ; mais cela ne les date pas du \f siècle, pkitoi que du v^ L'enceinte, bordée intérieurement d'un chemin de ronde et munie de tours, ne couvre que la moitié septentrionale de ce vaste ensemble. Mais, si la même disposition ne se retrouve pas au midi, vers la ville, doit-on en conclure que c'est à cause de la proximité des fortifications élevées par les Byzantins autour de Theveste, fortifications qui auraient garanti le sud de l'établissement religieux ? Nous avons vu que ce côté était protégé par une première clôture, puis par les murs de la place et de la grande salle. C'était là une défense suffisante, et voilà probablement pourquoi on n'a pas construit au midi un rempart semblable à celui du nord. Selon ]M. Diéhl-', «l'enceinte fortifiée qui enveloppe la basi-
i. Les tribunes construites dans l'église étaient peut-rtre réservées aux membres de cette communauté.