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288 LES 3J0NLMKNTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE

(( lique ressemble singulièrement aux remparts byzantins do « Tébessa... Il est donc certain qu'à l'époque byzantine, l'en- « semble de la basilique a été remanié». Je suis au contraire frappé de deux différences très caractéristiques qui distinguent cette enceinte de la généralité des fortifications bj-zantines, y compris, naturellement, celles de Tébessa : 1" le mur est simple, tandis que le système byzantin consiste en deux murs parallèles, dont l'intervalle, plus ou moins large, est rempli par des matériaux divers; 2" les tours ne font pas saillie au dehors, tandis que c'est la règle dans les remparts byzantins. On sait que les Vandales démolirent les fortifications de la plupart des villes romaines d'Afrique', mais il n'en faut pas conclure que leurs rois auraient interdit la construction d'une enceinte entourant un simple établissement religieux, enceinte qui, vu la faible épaisseur des murs, était plus [)ropre à prévenir des razzias subites qu'à soutenir un siège sérieux. Ainsi donc, il n'y a aucune raison décisive pour faire descendre après 535 (année de la construction de la citadelle byzantine de Tébessa) la date des bâtiments de la troisième époque.

D'autre part, il convient de remarquer que le style des chapiteaux du premier étage de Yatriiim et des tribunes de la Ijasilique est le môme que celui des chapiteaux de la basili(iuc de Bénian (n° 22), élevée entre 434 et 439.

Doit-on admettre qu'avant la construction des bâtiments que nous venons de décrire (troisième époque), la basilique et ses dépendances aient su])i des dégâts plus ou moins considérables, qid auraient nécessité des travaux de réfection? Cela est bien possible, mais on n'en a aucune preuve 2.

1. Procope, De bello randalico, I, 5 ; De aedificiis, VI, 5. Conf. tome I, p. 99. •?. Il faut observer cependant que la porte monumentale de l'ouest n'était

Quati-u'itte époque

Chapelle \fig. 130). — An nord-est de la chapelle tréflée, on a mis au jour les ruines d'une chapelle, certainement plus récente que renceinto. Le bâtiment mesure 8"", 90 de large et 8", 40 de long isans Tabside). Il est précédé d'un portique, dont le front présente deux colonnes et deux pilastres ; des arcades en pierre- reliaient ces supports et le toit était en appentis. Par derrière, trois portes correspondaient aux trois vaisseanx intérieurs, que séparaient doux colonnades, terminées à chaque extrémité par nn pilastre. Là aussi, il y avait des arcades. Le sol était dallé. A l'extrémité de la nef centrale, sur nne profondeur de 2'°,90, correspondant au dernier entre-colonnement, le dallage est exhaussé de quelques centimètres. Cet espace réservé était formé du coté do la façade par une grille transversale, dont les encastrements sont encore visibles ; au milieu, quatre petites mortaises, dessinant un rectangle de 0'",90 sur O"*,?!, servaient à maintenir les montants do l'autel, qui était sans doute en l)ois. L'abside, de fornie semi-circulaire, était encadrée par lo mur d'enceinte et par denx contreforts, que l'on avait un peu allongés. Doux colonnes flanquaient l'ouverture et portaient l'arc de tète. Le sol dnpreshfjterii/m est surélevé de 0'°,25; il est dallé. A droite, une sacristie a été également établie entre deux contreforts ; elle avait des portes sur le bas côté voisin et sur le dehors. Une autre porte s'ou-

probablement plus intacte lors de la reconsti'uclion de la salle à auges (voir plus haut, p. 28o;. Mais la démolition partielle de cette porte a pu être opérée précisément en vue du remaniement de la grande salle.

vrait au fond du collatéral de gauche, mais elle no menait pas à une sacristie. Dans le mur du même collatéral est ménagée une large baie, qui donne accès à une salle rectangulaire (0", 60X4", 30), un peu en contre-bas et dallée. — Cet ensemble est d'une construction misérable : les matériaux, en particulier les éléments des colonnades, ont été pris ailleurs.

FiG. 13G. — Chapelle voisine de la basilii|ne de Tébesso.

Portique. — Ka face de l'entrée de la salle à auges, se voient les ruines d'un portique, avec un front de six colonnes. Le mur de fond est percé de portes, conduisant à deux petites

chambres, dont chacune contient deux auges, placées, comme dans la grande salle, sur un mur bas*. A droite, les restes d'une cage d'escalier indiquent un étage. La disposition de ce bâtiment par rapport à deux des contreforts prouve qu'il a été construit plus tard que l'enceinte.

Nous devons encore mentionner les nombreuses sépultures (sarcophages ou toits en tuile) qui ont été trouvées entre la basilique et l'enceinte, au nord et à Touest. Cet espace servit de cimetière à une basse époque, et même Inen après la chute de la domination byzantine. Une des cellules appliquées contre le mur de gauche de l'église contenait trois sarcophages, dans lesquels les corps étaient recouverts d'une couche de chaux : ces ensevelissements appartiennent sans doute à un temps où la chambre avait cessé d'être habitée. On a même trouvé des squelettes enfouis parmi les décombres du sanctuaire principal.

Des cendres, des débris de charbons, rencontrés un peu partout, attestent l'incendie ou les incendies successifs qui ont détruit la basilique de Theveste et ses dépendances.

139 et 140" Téhessa. — Renier vit, il y a un demi-siècle, deux autres églises à Tébessa, à l'intérieur de la citadelle byzantine. Elles étaient « plus restreintes » que la grande basilique et « d'un autre style- )i. L'une de ces églises s'élevait sans doute au lieu oîi l'on a établi la place du bourg français : c'est là qu'ont été recueillis plusieurs grands chapiteaux en marbre, ornés de croix grecques, destylefranchementbyzantin^.

Nous avons dit ^ que le temple voisin de l'arc de triomphe

1. Il est impossible d'admettre que ces chambres aient été des écuries: on n'aurait pas pu y introduire commodément des chevaux.

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