‹ Les monuments antiques de l'Algérie (volume 2)Chapitre 18 sur 264 · OS W · texte numérisé non relu

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magasins. Comme on le voit, ce monument, qui. après dix-sept siècles, garde encore grand air, était une simple huilerie'.

A Tipasa de Maurétanie, il y avait, au sud-est de la ville, une propriété importante, appartenant à une famille Hortensia, l Le bâtiment que nous allons décrire-' s'élevait sur ce

Jacade e&,i /ircoiyotr.i Coiinc A B

• Coiin-c i\\ ttcvin!w C D E F V\y\. m. — Huilerie de Bir Sgauiin.

domaine; nous en dumions le plan figure 91, d'après le dessin

1. 11 y a aussi une huilrrie importante à ICsar Tébinet. au sud-ouest de ( Tébessa; elle a été établie dans un fort de Tépoque du Haut Empire (couf., -; t. I, p. 89, n. 1). — Dans les régions de Tébessa et de Khenchela, on ! rencontre en beaucoup de lieux des ruines d'huileries analogues, mais moins vastes ; conf. par exemple, Masqueray, Revue africaine, XXII, ISTS, p. 34, 38, 40.

2. Gavault, Eevue. africaine, XXVJII. 188'f, p. 74 .■<eq. Gsell. Mélanges de l'École de Rome, XIV. 1891. p. 420-4.

LES MOiNUMEiNTS ANTIQUES bi: L ALGÉRIE

de Gavault. Il comprend des constructions qui datent de différentes époques et se distinguent par des exhaussements suc- <-essifs. Les parties teintées en noir indiquent la première <'j»<tqne, à laquelle se rapportent tous les murs en pierres de

taille ; les murs ;i hachures croisées sont en moellons et plus récents.

Primitivement, l'édifice était peutêtre une habitation. p(jurvue de bains : les salles A et B offrent, en effet, des restes (l 'Il ypocaiistes .

Cette demeure fut détruite })ar un incendie. Plus lanl. i)robablement il la fin du m'' siècle, (tu y établit une t"abri(|UO . Los salles F et PI citntiennent

Fio. 01. — Faljriqiie de Tipa.sa.

des pressoirs, de l'",60 et de 2 mètres de diamètre. Dans la salle II se voit aussi, dit Gavault, « un escalier de huit degrés, qui a « encore sa rampe ; il mène à une large plate-forme, oii sontdeux " l)oaux Ijassins, séparés par un rebord en pierres de laiilc. Tous « doux ])onvaient, celui de gauche [ch) par une gargouille, « l'autre, plus éloigné [b), par des conduits de plomb, déver-

« ser leur contenu dans un troisième bassin (f), dont le radier « est de niveau avec le sol de la salle. Une dépression (e), de (( forme circulaire, ménagée dans ce radier, était destinée à (( recevoir le dépôt du liquide. Une ouverture permet de vider (( le bassin; elle débouche dans une petite cuvette {d). Cet (( ensemble d'appareils servait, sans doute, au foulage du rai- (( sin ; les hommes montaient par l'escalier dans les bassins « supérieurs, d'où le liquide coulait dans le réservoir ».

La salle E contient « deux auges monolithes, divisées, l'une (( en trois, l'autre en quatre compartiments cubiques, et dis- K posées en forme d'L dans l'angle de la pièce. Les sept réci- « pients communiquent, de proche en proche, par de petits « canaux creusés à la partie haute des cloisons, de façon que, « le premier étant rempli, la nappe supérieure du liquide « s'écoule dans le second, et ainsi de suite. On conçoit l'ingé- (( niosité de ce système pour l'épuration d'une substance telle « que l'huile ou le vin ; les parties solides tombent dans le « fond, creusé d'un petit contre-bas central, et, à chaque pas- « sage, le liquide en contient une moindre quantité. » L'une de ces auges est pourvue d'une inscription, portant nne date qui correspond à l'année 278 après Jésus-Christ et donnant le nom du propriétaire, M. Hortensius Gaudentius'.

Les autres salles de l'édifice n'offrent qu'un intérêt médiocre'. Elles ont été en })artic remaniées à une très basse époque.

Ce n'est pas ici le lieu de décrire les nombreux vestiges des travaux hydrauliques que les anciens exécutèrent dans les campagnes : cette étude ne peut être qu'un chapitre d'une his-

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