‹ Les monuments antiques de l'Algérie (volume 2)Chapitre 19 sur 264 · II · texte numérisé non relu

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3t LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉKIE

toire do ragricultiire dans l'Afrique du Nord. Il conviendrait (lu reste de compléter les quelques observations de détail qui ont été faites jusqu'à présent'.

Beaucoup de ces ouvrages durent être construits avant la conquête romaine. On les entretint et on les multiplia pendant les premiers siècles de notre ère. Il est mémo probable qu'un certain nombre d'entre eux ont été, sinon entrepris, du moins réparés à une époque plus récente : rien ne sei-ait i)lus faux que de croire que le Maghrel) ait été plongé dans une complète barbarie dès l'arrivée des Arabes.

Ç En maints endroits, l'on retrouve des restes do digues en bélun : petits barrages dans les ravins des montagnes-, autres plus importants dans les vallons et à l'entrée des plaines'^ : la course du liquide était ainsi ralentie et les eaux des pluies torrentielles, au lieu de se perdre en quelques lieures après avoir ravagé les champs, s'emmagasinaient dans des bassins, habilement échelonnés de manière à empêcher de trop fortes poussées. Dans le voisinage des lieux liaitités, d'autres barrages coupaient les rivières ^ et retenaient l'eau nécessaire à

\. La Blanchère a publié, sur Thydraulique agricole des Romains en Afrique, un mémoire qui contient des vues d'ensemble intéressantes (jYoî^velles Archives des missiuns. \\], 1897, p. 1-109); mais les exemples qu'il cite sont presque tous pris en Tunisie, non en Algérie. — Pour cette dernière contrée, la seule étude importante est celle de Payen sur les travaux hydrauliques du Hodna {Rec. de Consl., VIII, 1864, p. 1-1-3; pi. 1-XXIII).

2. En particulier au sud du Chélif, dans les montagnes voisines de Batna, dans la région entourant Tcbessa (voir, par exemple. De Bosredon, Rec. de Const., XVIII, 1816-7, p. 426).

.3. Par exemple, sur plusieurs affluents de la rive gauche du Chélif.

4. Par exemple, les barrages du Hodna, étudiés par Payen (conf. Ville, Vo'jaf/e d' explorai ion dans les bassins du Jlodna ei du Sahara, p. 111-2); ceux qui coupaient le Rummel auprès de la ville de Tiddi et à l.^iOO mètres au sud de Gonslanline, en amont du contluent de cette rivière avec l'oued Bou Merzoug (Delamare, Explor.. pi. 137); ceux qui étaient jetés sur Tisser,

raliinentation du l)étail ot aux cultures irriguées (potagers, vergers, jeunes plants d'oliviers) i.

Des conduites ou simplement des rigoles, que des vannes pouvaient fermer, partaient soit des bassins constitués par les Ijarrages, soit des sources, et amenaient le liquide dans des réservoirs, pour la })lupart à ciel ouvert, ou sur les terrains à humecter 2.

Nous citerons comme exemples de ces réservoirs ceux que l'on voit à Kasrou, près de Batna; ils ont été décrits avec soin ) par ]\I. Moliner-Violle''' : « Le plus petit, dont le côté décou- (( vert' a 17 mètres de long, est formé de fortes dalles de « 1 mètre h i'",5<> de large sur i mètre de haut, engagées « dans des piliers de même hauteur par des rainures en queue « d'aronde. Ces dalles et ces piliers reposent sur un soubasse- « ment recouvert par les eaux. — Le second bassin est plus « vaste que le premier : il a 24 mètres de large et 32 de

près lie Laïuoricière et de Renichi, dans la province d'Oran (Revue africaine, 1, 18o6-7, p. 3G4; Bull. iVOran, 188G, p. 46) ; celui de l'uued Djedi (Ragot, Hec. de Coiist.. XVI, 1873-4, p. 290; La Blanchère, /. c, p. 82) ; etc.

1. Nous avons déjà fait observer (I, p. 247), qu'en général les hommes n'aimaient pas à boire l'eau courante des rivières. L'eau qu'ils buvaient leur était fournie, autant que possible, par les sources où des aqueducs allaient la chercher, par les citernes, enfin par les puits. Ces puits sont particulièrement nombreux entre Sétif et Batna, au nord de l'Aurès, au sud et au sud-ouest de Tébessa.

2. Parmi ces conduites, on peut citer celles que MoU et De Dosredon ont signalées près de Tébessa {Ann. de ConsL, 18.j8-9, p. 76; Rec. de CorisL, XVill, 1876-7, p. 388-9) ; celles qu'on trouve dans la région de l'Aurès (Masqueray, Revue africaine, XXII, 1878, p. 447) ; celle d'A'in Méchira {Rec. de Const. ,\'[ll, 1864, -p. l.'JO); celle qui s'embranchait sur l'oued Boutane, près de Miliana (conf. Mémoires de la Société archéolof/iqzie de l'Orléanais, 1, 18ol, p. 2.56) ; etc. Voir aussi une inscription d'Ain Témouchent (La Blanchère, Musée d'Oran, p. 22) : « ... aquagium novo opère a solo extructurn suis possessionibus constiluerunt. »

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