‹ Les monuments antiques de l'Algérie (volume 2)Chapitre 192 sur 264 · GseU, Méhnif/es de l'École de Rome, XIV, 1804, p. 3oo · texte numérisé non relu

GseU, Méhnif/es de l'École de Rome, XIV, 1804, p. 3oo

2. Leclerc, Revue archéologique, Ml, IH.il, p. S.'iT et pi. toi, fig.-2. Duchesne, Pre'cis liisloriques (Bruxelles), 1890, p. .'523 et suiv. Gseil, Rec/ierclies avcliéolof/lques 671 Alf/érie. p. 1-7(5; pi. I-VII. Le même, Guide archéologique des environs d'Alger, p. 127-144. Wieland, EinAusflug, p. 189-193. Dessau, Archdologischer Anzeiger, 1900, p. 1.33. Gseil, Mélanges de l'École de Rome,\\\, 1901, p. 233-3.

3. Calalogus codicum hagiograpliicorum latinorum qui asservanlur in Bibliolheca nationali l'arisiensi, I, p. 3^1, ? 12 et p. 333, § 13.

disp<.sitions intérieures peuvent être reconstituées avec cer-

titude.

Fie. 150. — Basilique de Sainle-Salsa, à Tipasa.

11 csi formé (le deux iiarties ([ui ne sont pas conicnii.craines : i" une clKiiielle, sans doute \c hrcve adinndum taber-

rattachent à l'ordre ionique : on les a aussi fabriqués tout exprès pour la décoration do ces tribunes. La hauteur des colonnes complètes (avec base et chapiteau) est de 1",77. Des mortaises, creusées dans les fûts et les bases, prouvent qu'il y avait des grilles (Uius les entre-colonnements. Sur ces supports étaient jetées des arcades en pierres de taille ; par-dessus, se dressait un nuir. construit en blocage, comme l'attestent de nombreux (U'>bris trouvés dans les fouilles; il était percé de fenêtres, que garnissaient des ])laques de pierre, découpées à jour. Au rez-de-chaussée, d'autres l)aies, de })etites dimensions^ éclairaient les bas côtés. On en voit encore quatre dans le mur du nord, à une hauteur de 2"', 65 au-dessus (hi sol. Elles mesurent en moyenne 0™, 00 d.^ haut et 0"',r)3 d? large et ])résentent des feuillures, dans lesquelles s'encastraient des plaques ajourées. Il est pro])able que des fenêtres semblables s'ouvraient dans les nuu"s des tribunes. Nous avons recueilli de nombreuses tuiles de la toiture. En admettant, selon l'usage,, un toit en dos d'à ne au-dessus de la nef, on peut calculer que la hauteur inaxiitia de l'église était d'un peu jdus de 10 mètres.

On n'a })as de donnéc^s suffisantes pour déterminer avec certitude la date de cet agramhssement du sanctuaire de la martyre Salsa. Peut-être fut-il l'œuvre de Potentius; peut-être convient-il de l'attribuer à une époque } lus basse : à l'époque vandale ou aux premiers temps de la domination byzantine.

Vers la hauteur des quatrièmes piliers à };artir (U' l'abside,. la nef était barrée par un cancel ajouré, en pierre : sur un fragment se voit une croix monogrammatique, accostée «k^ l'a et de l'o), et dont un des bras est surmonté d'une colombe. Ce cancel devait naturellement être interronqju au milieu.

Plus près de l'abside, à la liauteur des troisièmes piliers»

nous avons découvert un socle en maçonnerie, long de 2"°, 34, large de l^jîO, construit négligemment avec des matériaux disparates; l'extérieur était plaqué de dalles de marbre prises ailleurs (celles des angles offraient d'élégants rinceaux). Audessus, s'élevaient deux petites piles qui supj;ortaient jai'is un sarcophage en marbre, du iii^ siècle, représentant la légende de Séléné et (rEndymion. Tout autour régnait une grille.

Le socle recouvrit entièrement la sépulture de Fabia Salsa, <lLii, préalablement, avait été ouverte, dépouillée de son contenu, puis comblée. Il est très probable qu'il faut reconnaître le tombeau de sainte Salsa dans ce sarcophage, dressé au centre d' la nef sur une base qui le signalait de loin, entouré d'une grille qui l'isolait, brisé })lus lard par les ennemis du christianisme avec un acharnement sauvag:» : on avait donc utilisé un toml)eau païen, vieux de plusieurs siècles, pour y placer le corps delà martyre. Le socle que nous venons de décrire est certainement postérieur à la mosaïque do la nef, sur laquelle il a été simplement ])Osé. D'autre part, il ne doit j)as être antérieur à rallongement de Tédificc, car ce monument, avec sa clôture (pli n'avait pas moins de 5°, 05 de long et de 4", 94 de large, aurait encombré la nef exiguë de la chapelle. Il y a donc eu, après le milieu lUiv' siècle, une translation des i-estes de la sainte, ensevelis auparavant dans un lieu que nous n'avons ])as pu déterminer d'une manière certain,', soit dans l'abside, soit dans le sarcophage de Fabia Salsa.

Nous avons découvert de nombreuses tombes dans la Ijasilique. Sauf (pielqnes-nn s, qui paraissent être })lus anciennes (le lieu était un cimetière), ce sont des sépultures de fidèles que l'on a voulu enterrer tout jirès de la martyre. Ces tombeaux, qui consistent ])i'esque tous en des sarcophages do

pierre, ont été jtlacés à des niveaux différents et sans souci de la symétrie, les uns cacliés sous le sol, les autres visibles en partie ou entièrement. Plusieurs portent sur leur couvercle des épitaphes en mosaïque. Il y en a jusque dans le porclie.

A une basse époque, la basilique subit divers remaniements. De chaque <'oté do la nef, à 1 mètre en avant des piliers, on éleva une colonnade, extrêmement barbare, dont tous les éléments furent pris ailleurs'. On voulait ainsi soulager la char- ])ente qui couvrait lo vaisseau central; les tribunes avaient déjà disparu et la toiture dut être placée beaucoup })lus bas qu'auparavant. Plus tard encore, la moitié j>ostérieure de la nef fut isolée des collatéraux par des murs bâtis entre les jiiliers et par un mur transversal. Ces parois ont été faites avec des matériaux divers, empruntés surtout aux parties hautes et à la moitié anf('rieure de réiilise. L'éilifice était donc en ruines : peut-être avait-il été incendié lors d'une des premières incursions des Arabes eu Afrique, ou dans toute autre circonstance ; les ïij)asiens le restaurèrent à la hâte et comme ils purent, désireux surtout d'isoler et dr protéger la partie qui contenait les restes (h^ la martyre. Les nombreux débris de cliarbons que nous avons recueillis (huis les fouilles prouvent que le sanctuaire, ainsi remhi au culte, fut d(Hruit par le feu, et cette fois pour toujours. De méchants nuu-s non maçonnés, qui subsistent sur plusieurs points, se rapportent à des masures élevées par les i digènes au milieu des décombres '2.

A quelques mètres au sml de la basili(pn' de Sainte-Salsa, on V(;it un bâtiment, encore assez bien conservé, construit soit en blocage, soit en pierres de taille (planche XCIVj. J y ai

1. Derrière la façade, deux parois j)leines remplacent les colonnes.

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