Ce bassin n'a pas élé entièrement déblayé
<( long. Ses murs sont construits de l;i même façon : fortes (( dalles retenues par des rainures creusées dans des })iliers, « sur un soubassement... Sur le pourtour des murs, de 0"",6<) « en O'^jôO, on voit des trous de 0",09 de profondeur et do (( U'",025 de largeur, destines sans doute, à l'origine , à rece- « voir les montants d'une [grille], dont il n'existe plus de (( de trace. » Ce réservoir pouvait recevoir l'eau de deux sources, Tune froide, l'autre légèrement thermale (20°), par deux canaux construits en fortes briques.
(( Le sol du Ijassin est formé parime belle mosaïque blanche. « Ce sol n'est pas uniforme; tout autour [règne] une banquette « de 2", 50 de large, qui s'infléchit vers le centre. »
Une vanne est placée à l'angle sud-est. « Elle a 1^,35 de <( haut sur 1™,20 de large ; c'est une forte pierre, vers le « milieu de la(pielle se dresse un large talon, (jui permettait *( de la soulever à l'aide de leviers, lorsqu'on avait besoin de « nettoyer le bassin. Au-dessous de ce talon, sont deux trous, « placés l'un ati-dessus de l'autre et qui servaient à l'écoule- « ment des eaux. Près de l'angle opposé, on remarque aussi (' un autre orifice, qui devait déverser une partie des eaux (( sur les terres du sud de la vallée. »
Ces bassins de Kasrou ont pu servir à prendre des liains, mais il est probable qu'ils étaient avant tout des réservoirs permettant d'humecter les champs environnants ^
Yoici, d'autre part, comment les cultivateurs du pays situé au nord de Khenchela irriguaient leurs terres : « L'Abigas,
1. Des bassins analogues se rclrouvcnl en divers lieux : par exemple à Ain Tarfu et à Ksar Ténaceft, au nord de lAurés (Graillot et Gsell, Mélanges École de Rome, XIII, 1893, p. 531 et XIV, 189i, p. 73; Poulie, Bec. de ConsL, XIII, 180!), p. 063",; à Ksar Tébinct, au sud-ouest de Tébessa; à Messaoud. près de Sétif (Poulie, liée. ConsL, XVIII, 187G-7, p. o(i8) : etc.
'( (lit Procope ', sort du mont Aiirès ; parvenu dans la plaine, « il arrose le pays comme le veulent les habitants, car ils <( dérivent ce cours d'eau de la manière qu'ils croient leur « être la plus avantageuse ; ils ont creusé un grand nombre « de canaux, dans lesquels l'Abigas est réparti ; il coule sous « le sol, puis reparaît, réunissant ses eaux. Ainsi, dans la « plus grande partie de la plaine, cette rivière se trouve être « à la disposition des habitants, qui ferment les canaux par « des digues ou les ouvrent ensuite, de manière à se servir « des eaux comme il leur plait. »
On a découvert dans cette région, à Ain Mtirchou, un canal souterrain, construit en pierres de grand appareil et mesurant 2 mètres environ de largeur sur 1 mètre de hauteur; il semble avoir appartenu au système hydraulique dont parle l'historien byzantin -^
A Ain Djedied, au sud-est de ïébessa, M. Durand a constaté l'existence de tout un système de drainage et de puits pour l'irrigation des cultures^. On distingue plusieurs lignes, \ constituées chacune de la même manière : de petits puits, creusés à égale distance les uns des autres (7 mètres environ d'axe en axe), profonds de 5'", 40 à 8"", 60, donnent sur une conduite souterraine, large de 0"\70, haute de près de 2 mètres, à pente très douce.
Des règlements minutieux fixaient l'usage de l'eau. Masqueray eu a retrouvé un à Henchir Merouana, au nord-ouest de Batna '*.