Gsell, ihid., p. 136, fig
On roncontrc dans l'est do TAlgério un grand nombre de ruines qui étaient évidemment des ouvrages de défense. Elles présentent doux caractères communs : 1° les constructeurs y ont employé des matériaux pris dans des édifices de l'époque romaine; 2° les murs, en pierres de taille, offrent deux parements, ([ui tantôt sont accolés, tantôt encadrent un no}au plus (ju moins épais, en blocage ou en grosses pierres entassées au liasard.
On ne saurait actuellement en dresser une Liste complète, qui n'aurait d'ailleurs, au point de vue monumental, qu'un intérêt assez restreint, les types étant peu variés. M. Diehl a étudié les plus importantes de ces citadelles ou forteresses dans un mémoire dont nous ferons grand usage au cours de ce chapitre'.
Les ruines en question sont d'ordinaire qualifiées de hyzaatines, et pour certaines d'entre elles l'exactitude de cette a})pellation n'est pas douteuse, comme l'attestent des inscriptions permettant de les dater, ou des indications données par riiistorien Procope. Mais, pour beaucoup d'autres, la preuve
1. Nouvelles archives des Missions, IV, 1893, p. 28o-434. Conf. l'Afrique byzantine du môme auteur, p. 138-298, 601-613.
manque. Il conyiendrait, à cet égard, de distinguer!, dans la mesure du possible, les ouvrages fortifiés se rapportant à un système général de défense, ouvrages échelonnés à la frontière ou établis su.- des points stratégiques à rintérieur du territoire, et, d'autre part, ceux qui ont servi de refuge aux habitants d'une ville, d'un bourg, aux cultivateurs d'une plaine, d'une vallée. Los premiers ont un caractère officiel : ils ont été certainement élevés par le gouvernement grec pour la protection de l'Afrique, reconquise sur les barbares ; des troupes régulières devaient les occuper d'une manière permanente. En général, ils datent des premières années de la période hyzantine. Les seconds, bâtis ;i la hâte par des populations sans cesse menacées, appartiennent aussi, pour une bonne part, à l'époque bvzantiue : car les fortifications impériales ne donnèrent pas au pays une sécurité absolue, et les révoltes, les invasions, les rapines des indigènes furent fréquentes sous Juslinien et surtout sous ses successeurs. Plusieurs sont, du reste, datés : le fortin d'Aïn cl Ksar fut construit vers 580 -; celui d'El Mahder, probablement à la fin du vf siècle''. Mais d'autres peuvent avoir été élevés plus tard, dans les temps troublés qui suivirent la conquête arabe.
Nous avons vu ^ comment Rome s'était efi"orcée d'assurer la paix à la Xumidie et aux Maurétanies. Les Vandales n'eurent pas le même souci. Ils négligèrent de maintenir l'organisation
1. Cette distinction a été faite par M. Diehl, Soiiv. arcli., p. 289, 298-9; Afr. byz., p. 223-5.
2. Corpus, VIII, 4354 = 18340. Conf. Gsell, Bull, des anliquaires de Frmice, 1895, p. m.
3. Voir plus loin, aux fortins. — Le fortin d'Henchir Bou Sebaa, dans la région de Tébessa, fut fait par un évéque [Corpus, VIII, 2079 et p. 942;. Il est donc certainement antérieur à l'invasion musulmane.