‹ Les monuments antiques de l'Algérie (volume 2)Chapitre 234 sur 264 · Melanr/es de VÉcolc de Home, XIV, 189i, p · texte numérisé non relu

Melanr/es de VÉcolc de Home, XIV, 189i, p

3. Nous reproduisons ici ce texte, à l'aide duquel on suivra mieux nos explications :

« Aream al sepulchra cullor Verbi cuninlU « El cellam slriixit suis cunclis sumplihus : « Eclesiae sanclae hanc relirjiiif memoiiam. « Snluete, f retires, puro corde et simpUci : « Evelphis vos saltilo sancto spirilu.

« Eclesia frdtruum Imnc restiluit tihdum : « M{arci) A{ntonii) l{7iln '/) Severiani, c{larissimi) v[iri). « Ex in(f{enio) Asleri{i). »

Nous croyons qu'au premier vers les mots cidlor Ve)bi désignent Severianus et non Evelpius : le fait que le cullor Verbi est nommé à la troisième personne, tandis qu'Evelpius parle à la première {«scdulo », lecture certaine), j)crmet en effet de supposer qu'il s'ayit de deux personnages diftcrents. Quant il Evelpius, c'était peut-cire l'évêque qui dirigeait l'église de Césarée à l'époque où l'inscription fut refaite. La dédicace en vers fut l'œuvre d'Astérius.

portait ce tituhis, indication de propriété : ;< M{(irci) A[ntonii) I[u/ii?) Severiani, c[Iarissimi) v[irt)». L'inscription avant été détruite, sans doute lors d'une persécution, l'église de Caesarea en fit refaire une autre, accompagnée do quelques vers commémoratifs. C'est celle que l'on a retrouvée ; elle }iarait dater du début du iv' siècle '. Uarea et la ce/ianoni donc antérieures à l'ère de la paix. D'ailleurs, il est très prol)able que ce Severianus est un martyr célèbre, dont le nom figure dans le martyrologe dit de saint Jérôme"^; il a dû être enseveli dans la fe//a qu'il avait fait construire^.

Une autre inscription'', qui a été exhumée à côté de celle dont nous venons de parler, semble être ;i peu près contemporaine (le type de gravure est le même) ; elle mentionne un monument funéraire [accubitorium), renf rmant plusieurs corps et construit par les soins d'un prêtre, Victor.

A l'endroit où ont été recueillis ces deux textes, le cardinal Lavigerie a fait faire, longtemps après, quelques fouilles, que l'on a recouvertes et sur lesquelles nous n'avons que de brèves indications -^ On aurait retrouvé, au milieu d'un grand cimetière, une aire, fermée par des nuu's, de 30 mètres de long sur

1. De Uossi [Bull. crisL, 18G4, p. 28, et Inscr. chrisl., l. c.) croit même l'inscription d'Evelpius antérieure à Constantin. Cependant, les deux lettres symboliques a et (o, qui sont gravées auprès du texte, ne se rencontrent pas, à ma connaissance, avant le iv siècle dans répigrapliic chrétienne.

2. Au 23 janvier. L'interprétation que nous donnons nous paraît affaiblir l'objection faite par De Rossi contre cette identification (au Corpus, VIII, p. 974).

3. iVit'Wîorift désigne la ce//a au troisième vers ; or ce mot, lorsqu'il est appliqué à un édifice; se rapporte soit à un monument funéraire, soit à une chapelle, contenant des reliques ou tout au moins consacrée à un saint.

4. Corpun, VIII, 9586. Doublet, Musée cF Alger, pi. II, fig. 4.

5. De Rossi, Bull. crisL, 1878, p. 73. Lavigerie, De l'uHlilé cVune mission archéologique à Carthage, Alger, 1881, p. 42-S (= Missions calholiques, XIII, 1881, p. 163). Toulotte, Géographie de V Afrique chrétienne, Ma^irétaîiies, p. 2».

15 mètres do large. « Au centre, s'élevait un édicule de 2 mètres « de côté, ainsi qu'un autre plus petit : ils étaient voûtés et « montés sur quatre murs à cintres ouverts. C'est là que les « deux inscriptions ont été recueillies. Tout autour des édicules, « dans l'enceinte de larea et en dehors de l'enceinte, sur une « i?rande étendue, on rencontrait de nombreuses tomlies... « Auprès des édicules, elles étaient tellement entassées qu'on « en comptait jusqu'à six les unes sur les autres <lans la pro- « f<jndeur du sol (Toulotte). » Ces indications trop succinctes laissent place ii des doutes. Il nous parait bien téméraire d'identifier les bâtiments voûtés, fort exigus, à la ce/la de Severianus et à Vacciibito?'ium de Victor, et l'enclos rectangulaire à ïaiea. Le cimetière primitif dont nous parlons semble d'ailleurs avoir été beaucoup modifié dans les siècles qui suivirent'.

Quand les persécutions eurent cessé, de grands cimetières chrétiens se formèrent"^. A Tipasa, il y en a deux, l'un à l'ouest, l'autre à Test de la ville; cà et là, dos murs, établis autour de divers gronpos de tombes, paraissent avoir servi de clôtures à des areae distinctes, qui, so multipliant pou à peu et se groupant, finirent par constituer dévastes nécropoles-'. On trouve aussi des cimetières chrétiens imi;ortants à Cherchel (k l'ouest

1. En 1856, 011 a trouvé, au sud-est des ruines de Lauibèse,une area rectangulaire de 60 mètres de long sur 30 de large, close par un mur de O'",o0 d'épaisseur. Elle renfermait un grand nombre de sépultures. Les unes étaient des tombes en briques, disposées en triple étage, les autres des sarcophages en pierre, isolés ou formant des groupes : un de ces groupes comprenait de 70 à 80 tombes, sur trois rangs. 11 n'y avait aucun mobilier funéraire. « Ce cimetière, dit Moll, est d'origine chrétienne ; cela nous parait probable. » Je serais, comme cet auteur, enclin à le croire. Voir Moll, Annuaire de Conslnnlme, 18:i8-9, p. 21(5-7 et pi. XI.

2. Quand la place disponible était restreinte, on superposait les tombes: par e.Nemple, à Cherchel (p. 400), à MrakhibThala (p. 236), à Et Toual (p. 339), à Zraïa (p. 343), à Tipasa. Conf. note pr.'cé'lente.

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