Voir tome I, p
3. De même, à Lambése (n° 73). une chapelle semble avoir été bâtie dans l'enceinte du Capitole. — A Tigzirt, la grande basilique (n" 146) a peut-être été élevée sur l'emplacement d'un sanctuaire de Saturne, le grand dieu africain. — A Tipasa, une église en l'honneur de sainte Salsa remplaça une synagogue, qui avait elle-même remplacé des temples pa'iens {Catalorjiis codicum liacjiofjraphicorumqui assercanlu/' in Diblio/hrca iialionali Parisicnsi, 1, p. 346, ;, 3): « Dans le lieu où régnaient autrefois deux cultes sacrilèges, dit l'auteur de « la passion de Salsa. l'église triomphe maintenant en honorant la martyre. »
bâtis il la hàlc, pour répondre h dos besoins religieux, plutôt (pio pour satisfaire des goûts arlisiicpies. On s'est plus soucié de faire vite que de faire beau'. Sans doute, il y a quelques exceptions : ainsi, les basiliques de Tébessa (n" 138) et dcTigzirt (n" 146) sont dos édifices d'une exécution soignée et d'une riche ornementation. Miiis, en général, le mode de construcdoii des églises africaines est fort médiocre, surtout ;i l'époque byzantine.
Presque partout, on s'est servi de matériaux empruntés à des inonunienls plus anciens, principalement à des temples-. Il est bien peu de ruines chrétiennes où nous n'ayons pas constaté ces larcins. Morceaux d'entablements, colonnes, débris de portes, de pressoirs, bases de statues, pierres tumulaires : on a pris tout ce que l'on avait sous la main-\ Les murs offrent rarement des assises en pierres de grand appareil, comme dans la plupart dos sanctuaires païens^. D'ordinaire, ils sont bâtis en blocage, avec dos chaînes en pierres de taille, placées à dos
1. Voir cepeiidaiil ce que dit saint Auirustin, Sprmon 15, 1.
2. Pour la iJcsIniclion des temples païens en Afrique, voir Augustin, Sermon 163, 2: Le/Ire 232, 3; Mansi, Coll. concil., 111, p. 706, canon 58. L'autorité impériale intervint, il est vrai, pour empêcher ce vandalisme {Code l/ieoilosien, XVI, 10, 18).
3. Un texte de saint Augustin {Sermon 356, 10) montre comment Ton procédait parfois. Il raconte qu'un prêtre d'Hippone, Leporius, ayant à faire construire un hôpital, acheta tout d'abord une maison « qu'il pensait devoir lui être utile à cause des pierres ».
4. Basilique de Téljessa (n- 138), où les blocs portent des marques de chantier; basilique de Sainte-Salsa à Tipasa (n» 159); basilique de Taoura (n° 137). Dans d'autres sanctuaires appartenant à une basse époque, des pierres de taille, prises ailleurs, ont été superposées en assises peu régulières; à Aimouna (n« 12), à Khamissa (n" 68), à Sidi Mabrouk (n° 125j, à Timgad (n" 153-156\ Quelquefois, certaines parties seules sont en grand appareil : le milieu de la façade à Tigzirt (n- 146); la façade et l'abside à Announa (n- 11); la façade dans une chapelle de Guesseria (n" 50 in fine) : l'abside à Ilenchir cl Hammam (n° 62) et à Tigzirt (n« 118) : les angles à Khcrbet Guidra (n° 60) ; le bas des murs à Tipasa (n» 157,'.
distances variables i(r,SO à 2 mètres) ' ; Temploi de la brique est tout à fait exceptionnel. Ces murs ont 0", 50-52 d'épaisseur moyenne', sauf aux absides, où ils sont un peu plus forts.
Le plus souvent, le grand axe de l'édifice est dirigé de l'ouest à l'est, la façade étant au couchant''', et la partie réservée au clergé, ou prcdnjteriiim, au levant. 11 suffira de jeter un coup d'œil sur nos plans pour reconnaître l'application constante de cette règle, à n'importe quelle époque*. Deux faits prouvent qu'on v attachait de l'importance. A Tipasa (n" \oT\ le front de l'église principale fut tourné vers l'occident, malgré le grave inconvénient que présentait cet aménagement à cause de la proximité du rempart. Entre ce front et le mur d'enceinte,, il ne restait plus qu'un espace de quelques mètres, si bien que la façade était masquée et que la circulation des fidèles devait être assez malaisée ;i l'entrée et à la sortie des offices. 11 eût été facile d'y remédier en modifiant l'orientation de la basilique,^ en plaçant, par exemple, le chevet contre le rempart. Cependant on ne crut pas devoir déroger à l'usage. Au Capitole de Cirta, le front du grand temple était tourné vers l'est, selon la
1. Tel a été le sj'stème employé clans tous les étliOces dont nous n'indiquerons pas le mode de construction.
2. Les épaisseurs plus fortes sont signalées dans nos descriptions. Dans certains édifices où les murs sont très larges, on peut se demander si ce^ renforcement des parois n'a pas été adopté soit dans un but défensif, soit aGn de donner une assiette solide à des voûtes : voir n"' 68 (Rhamissa), 105 (Périgotville), 115 (Segnia}, 154 et loo (Timgad)..
3. La façade, au sens architectural du mot: car il faut remarquer que. pour les premiers clirétiens, le véritable front de l'église (prospectus, dit Paulin de Noie) est le côlé opposé, celui qui est voisin de l'autel et que regardent les fidèles.
4. Par exemple : basilique d'Orléansville (n" 95), à l'époque de Constantin; basilique de Bénian (n° •22), au milieu du v" siècle; chapelle de Rhamissa (n° 68), à l'époque byzantine : chapelle de Timgad (n° 156), au milieu du vu" siècle. Outre les édifices qui subsistent, voir ce qu'El Békri dit de l'orientation de l'église d'Alger (n" 10).
124 LES MONUMENTS AMKjLES DE L ALGEniE
coutume païenne. Lorsqu'on y installa une église (n° 44), on eut soin cVen placer la façade à l'ouest',
11 est fort rare que les sanctuaires soient disposés exactement selon les points cardinaux : si, d'une manière générale, ils regardent le couchant, l'orientation oscille entre le nordnord-ouest et le sud-sud-ouest. Ces variations tiennent-elles à Tapplication de quelque règle religieuse, comme l'ont pensé des archéologues? L'axe longitudinal était-il établi conformément à la position qu'occupait le soleil levant le jour de la fête du patron, ou bien le jour de la consécration du terrain? En ce qui concerne l'Afrique, nous manquons des données qui seraient nécessaires pour résoudre cette question 2,
Les églises d'Algérie qui, par exception, ne sont pas tournées vers le couchant sont celles d'Aïn Tamda (n" G), d'Announa ('n° H), d'Henchir el Hammam (n"' 62 et 63), d'Henchir Ouazen (n" 06), de Sidi Ferruch (n" 12 1^, deTaoura (n° 137) et de Zana (n" 164) : deux d'entre elles (Announa et Zana) appartiennent à l'époque byzantine; la date des autres est inconnue. Pour la basilique d' Announa, il est possi])le d'indiquer le motif qui détermina les constructeurs à s'écarter de la règle : elle est située sur le ilanc nord-est d'un mamelon qu'il aurait fallu entailler profondément si l'on avait placé la façade à l'occident.
1. Voir aussi. <aii n" 1*6, notre conjecture au sujet de la double orientation <Je la basilique d'Henchir Ouazen.
2. Notons seulement qu'il n'existe pas de concordance entre l'orientation (le la basilique de Sainte-Salsa, à Tipasa (n" loi)), et le lever du soleil au 2 mai, <late probable du martyre de cette sainte (Gsell, Ueckerchos a)-chéolo(/i(jues en Alt/éiie, p. 3, n. 3) : 70° 6/10 au milieu du iv" siècle, pour le 37° degré de latitude, d'après l'imlication que m'a donnée M. Trépied, directeur de l'Observatoire d'Alger.