Corpus, lOGG.j
Des morceaux d'une arcade, découverts aussi à Hencliir el Begueur, portent rinscription ' : «■ Hic est memoria smclorum Primi et Quintasi^), flanquée à droite et à gauche d'une colombe et de plusieurs i)almes. Cette arcade a dû surmonter rentrée d'une chapelle, qui dépendait peut-être de l'église.
21" Hcnchir el Be'ida (au nord de l'Aurès). — Chapelle -', fort ruinée. Longueur 16", 20, largeur 13 mètres. Il n'y avait qu'une seule porte, au miheu de la façade. La nef était limitée par deux colonnades (hases attiques à socle élevé). Des dalles et des piliers formaient la clôture du chœur. Un espace rectangulaire surélevé tenait lieu d'abside : l'ouverture était encadrée par deux demi-colonnes. Cet espace est flanqué de deux sacristies, également surélevées.
22'' Bénian [Ala Miliaria^ dans le département d'Oran). — Église'^ [fuj. 117), située dans la partie orientale de la ville fortifiée; le chevet a été établi sur le rempart même. Elle a été fouillée en 1899 par M. Rouziës. Elle était protégée, au nord, à l'ouest et au sud, par une enceinte, longue de 3t mètres, large de 35", 10, qui date peut-être d'une époque plus ancienne et qui a pu constituer primitivement la citadelle de la place. Cette église, qui mesure 26", 80 de long sur 16 mètres de large, est bâtie, selon l'usage, en moellons, avec des chaînes en pierres de taille (murs épais de 0",65).
La façade paraît avoir été précédée d'un portique, bordé par une rangée de piliers qui soutenaient un toit incliné. On avait
1. Corpus, 17608. Ces fragments ont été trouves au même endroit que les sculptures mentionnées par M. de Villefosse.
2. Graillot et Gsell, Mélanges de l'École de Rome, XIV, 1894, p. 64-65 fig. 19.
3. Gsell, Fouilles de Bénian {Publications de V Association historique de V Afrique du Nord, fascicule 1, Paris, 1899), p. 17-50.
fait quelques ensevelissements sous ce porche : les épitaphes <run diacre, mort en 439, et dïm évêque, qui requievit in fuie Evange[lii)^ ^ y ont été retrouvées. Le front de la basilique n'offre qu'une seule porte, au milieu.
1, fî(l(^.
Vu.. 117. — Basilique de Bénian.
A rintérieur, les trois vaisseaux sont séparés par doux rangées de piliers, reposant sur des dés plats et coiffés de coussinets en forme de tronc de pyramide renversé. Par-dessus
1. Héron de Villefosse, Bull, des antiquaires de France, 1900, p. ili-a.
étaient jetées des arcades. Le chœur, profond de 4°', 80, était isolé par des grilles en métal ou par des barrières en bois, dont les trous de scellement se voient dans les piliers. A une basse époque, on y enterra plusieurs personnages.
L'abside, enfermée dans un cadre rectangulaire, est surélevée de 1",50, hauteur anormale qui tient à l'existence de la crypte dont nous parlerons tout à l'heure. On y montait par deux escaliers de six marches, construits l'un à droite, l'autre à gauche d'une estrade en maçonnerie, dont la hauteur atteignait le niveau du presbyterium. C'était probablement là que se (blessait l'autel, qui devait être en bois. L'ouverture de l'abside présentait une rangée de deux colonnes isolées et de deux colonnes engagées, qui supportaient
sans doute une architrave (chapiteaux corinthiens d'un travail minutieux).
Le sol de ce presbyterium était couvert d'une mosaïque grossière.
faite en morceaux de briques et en
Crypte de Bénian.
silex blancs et noirs, pavement dont
il ne reste plus que quelques misérables débris. A gauche, un passage mettait l'abside en communication avec une sacristie, aussi élevée qu'elle. Cette salle, qui n'avait pas de porte sur le collatéral voisin, était le diaconicum. A droite, se trouvait la prothesis^ établie à un niveau plus bas ; elle communiquait avec le dehors et très probablement aussi avec le collatéral, mais non pas avec l'abside.
L'église de Bénian a une crypte {fig. 118), certainement contemporaine du reste de l'édifice. Une porte s'ouvre dans le soubassement du diaconicum, à gauche; elle devait être précédée d'un escaher permettant d'y descendre. Elle conduisait